L’élu de la semaine : Pierre Polard

Anticiper la désertification médicale

Maire de Capestang Pierre Polard est vice-président de la Communauté de communes Sud-Hérault

Pierre Polard définit son engagement politique par cette maxime : « J’ai toujours été croyant en politique mais je suis pratiquant depuis peu ». Depuis 2008, il en fait son sacerdoce : « Travailler pour l’intérêt général et résoudre les problèmes du quotidien ».

Pierre Polard est sur la liste de gauche lors des élections municipales de 2008. Il n’est pas élu, mais avec l’équipe de campagne, ils continuent leur travail de réflexion. « Nous avons pris ces années pour réfléchir aux enjeux de la gestion municipale. Ce travail a payé. Lors des élections municipales de 2014, je suis désigné pour être tête de liste d’une équipe jeune et dynamique et nous remportons la mairie », explique-t-il.

À peine élu, il a fallu se mettre directement au travail pour la mise en place de la réforme des rythmes scolaires. L’ancienne majorité municipale avait laissé copie blanche sur la question. « Nous sommes arrivés en mars et tout devait être opérationnel pour septembre, il fallait agir rapidement », précise Pierre Polard. Pour ce projet d’envergure, il installe un comité de pilotage, recrute des intervenants locaux, en vérifiant bien qu’ils soient diplômés et à la rentrée de septembre tout est en place pour accueillir les élèves dans de bonnes conditions.

« À Capestang, tous les enfants sont automatiquement inscrits aux activités périscolaires. C’est aux parents de faire la demande, s’ils ne souhaitent pas que leurs enfants y participent. Au final, le taux de participation est de l’ordre de 90 % », détaille Pierre Polard.

Là où il y a une volonté, il y a un chemin

Bon nombre de territoires ruraux connaissent des problèmes de désertification médicale, Capestang, elle a su l’anticiper. Avant l’ouverture de son centre municipal de santé, la commune de 3 200 habitants comptait 3 médecins libéraux dont un, proche de la retraite. Quant aux deux autres, ils pouvaient partir à tout moment. Dans un premier temps, Pierre Polard se lance dans la recherche de médecins ayant l’envie de s’installer durablement dans sa commune. Il se tourne alors vers les facultés de médecine et n’exclut pas l’a possibilité d’accueillir un médecin étranger. Cela se soldera par 18 mois de recherches infructueuses : « Suite à de nombreuses recherches sur le sujet, nous avons contacté une commune de l’Aude qui avait mis en place un centre municipal de santé dont les médecins et personnels sont salariés de la mairie. Après un voyage d’étude, nous en avons conclu que c’était la solution la plus adaptée. Fin 2015, le conseil municipal a délibéré en faveur de la création de notre centre municipal de santé », explique Pierre Polard. S’en sont suivis 9 mois de travail et d’échanges pour recruter 2 médecins et 2 secrétaires médicales, salariés de la commune, s’enregistrer auprès de l’Agence régionale de santé et enfin obtenir les conventions auprès de la sécurité sociale et de la CPAM. « Le CMS à ouvert le premier octobre 2016 et un troisième médecin viendra compléter l’effectif au mois de mai », ajoute le maire de Capestang. Ce CMS est une opération économique quasi-nulle. Bien que généralisant le tiers payant, les consultations, payées par la sécurité sociale et les mutuelles permettent de compenser les salaires et les frais de fonctionnement du centre. « Cela a du sens, d’avoir un service de santé de proximité. C’est répondre aux attentes du quotidien des habitants. Maintenir les services publics sur les territoires ruraux, c’est maintenir le lien social et combattre le sentiment d’abandon », confie Pierre Polard.

Adaptation territoriale

En matière d’économies de fonctionnement, Pierre Polard n’en est pas à son coup d’essai. Vice-président de la Communauté de communes Sud-Hérault chargé de l’économie, il a mutualisé les achats de fournitures pour tous les bureaux et services. « Une meilleure gestion des fonds publics permet de faire des économies que nous utilisons pour acheter du matériel scolaire, par exemple », précise Pierre Polard. Fort de son territoire rural sans centralité propre, Sud-Hérault est la première communauté de communes rurales du département à mettre en œuvre un PLUI et à avoir créé une pépinière d’entreprises multisites, qui participe au dynamisme des communes. Élu de proximité, Pierre Polard est également à l’écoute de ses administrés, il a mis en place un budget participatif d’une enveloppe de 50 000 euros réservés aux projets proposés par les habitants.

Julien Bossu