L’élu de la semaine : Jean-Paul Jeandon

Entretenir l’attractivité du territoire

Maire de Cergy (Val-d’Oise), Jean-Paul Jeandon dirige sa ville en homme d’écoute et prône la concertation comme logique de gestion

C’est au lycée, alors que la droite réforme l’éducation nationale que Jean-Paul Jeandon découvre sa fibre militante. Mais, c’est en janvier 1981, qu’il franchit le pas et décide d’adhérer au Parti socialiste. Il n’a plus cessé de militer depuis ses débuts dans la section de Marines. Il s’investit davantage durant la seconde campagne de François Mitterrand en 1988.

Économiste de formation, chercheur, il est amené à devenir expert pour la Commission Européenne. Mais cette expérience ne se passe pas comme il le souhaite et il préfère partir afin d’occuper d’autres fonctions dans un bureau d’études à Montpellier. « Je ne suis resté qu’un an à Bruxelles. C’était déjà suffisant pour comprendre que la technocratie européenne n’était pas faite pour moi. J’ai eu envie de voir autre chose et je suis parti pour le sud de la France pendant cinq ans », raconte Jean-Paul Jeandon. De retour dans le Val-d’Oise, il s’établit alors à Cergy, dans le quartier du Verger, où rapidement il crée une association de quartier qui prône le vivre-ensemble.

Son engagement politique prend une autre tournure en 1995, lorsqu’il rejoint la liste d’Isabelle Massin pour les élections municipales. « J’ai toujours choisi de mener de front ma carrière professionnelle et mon engagement politique. J’assume d’avoir une carrière et de ne pas vivre de la politique. Je suis d’ailleurs un fervent défenseur du non-cumul des mandats et surtout de la création d’un véritable statut de l’élu », précise Jean-Paul Jeandon, qui partage, encore aujourd’hui son temps entre la mairie et le monde de l’entreprise. C’est un usagé du RER A, non déconnecté du quotidien de ses administrés.

En 1996, Dominique Lefebvre, dont il deviendra très proche, est élu maire de Cergy et il lui confit le poste de délégué à la sécurité. « Il faut de la prévention et de la répression. Ne pas avoir de sécurité publique est aussi une source d’inégalité sociale », ajoute Jean-Paul Jeandon, qui a fait passer les effectifs de la police municipale de 6 à 30 agents. Pour endiguer le phénomène des bandes, il mène une politique de coopération entre les services de police, l’éducation nationale et les médiateurs. Dans le domaine de la sécurité, il reconnaît se placer dans la mouvance initiée par Jean-Pierre Chevènement et Lionel Jospin. En 2001, le portefeuille des finances lui est confié et il devient référent sur le quartier des Bords-d’Oise. « C’est alors la naissance de la démocratie participative », précise Jean-Paul Jeandon. Chemin faisant, il devient 1er adjoint, et vice-président de l’agglo en charge du développement économique. Il devient aussi président de Cergy-Pontoise Aménagement.

Une démarche globale pour la jeunesse

En 2014, Jean-Paul Jeandon est élu maire de Cergy. Depuis, il ne cesse de travailler au développement de l’attractivité de son territoire. Cela passe évidemment par le volet économique. Mais aussi, par les services proposés à la population. « Nous avons choisi de miser sur la jeunesse, notamment grâce à une mise en place efficace de la réforme des rythmes scolaires et des temps d’activités périscolaires. Nous avons organisé une grande concertation, et avons fait de nombreuses expérimentations. Aujourd’hui, 700 enfants font de la musique et 180 de la danse. La fréquentation est de l’ordre de 90 % et les activités sont gratuites », se félicite Jean-Paul Jeandon, qui précise que le milieu associatif municipal est grandement actif pour le niveau élémentaire. Afin de maintenir la croissance de son territoire, Jean-Paul Jeandon mise sur sa connaissance du monde économique pour entretenir l’attractivité et il développe le campus universitaire international, qui dope le dynamisme de Cergy.

Julien Bossu