L’élu de la semaine : Jean-Paul Chartron

L’intérêt général avant tout

Jean-Paul Chartron est adjoint au maire de Firminy dans la Loire, où il est délégué à l’Urbanisme, la politique de la ville, l’habitat et les transports. Natif de la commune et amoureux de son folklore, il cultive le “parlé local” : le gaga

Mai 1968, Jean-Paul Chartron a 16 ans. Jeune lycéen, il comprend que pour “changer les choses”, il faut s’engager. Il le fera en 1970, en rejoignant le PSU, avant de suivre le mouvement des Assises du socialisme. «Je me suis aussi engagé en politique un peu par tradition familiale. Mon oncle et mon grand-père étaient élus. J’entendais tout le temps parler de politique lors des repas de famille. J’ai trouvé au sein du Parti Socialiste une forme de liberté qui n’était pas présente dans les mouvements plus d’extrême gauche. Au PS, le dialogue et la cohabitation des idées sont possibles», explique Jean-Paul Chartron, qui a été 1er secrétaire du PS de la Loire, de 1997 à 2008. Il comprend rapidement que pour être efficace, il faut agir au niveau local : «l’action est primordiale, l’expérimentation est importante, il faut être au plus près des réalités pour agir sur le réel, sur le quotidien. L’engagement municipal le permet».

Ne pas renoncer

Sa première élection date de 1977. «J’avais 25 ans et je suis approché pour faire partie de la liste d’union de la gauche menée par Théo Vial-Massat. Cette expérience m’a appris le sens du collectif. La façon de faire de la politique à cette époque était bien différente de celle d’aujourd’hui». Plus tard, Jean-Paul Chartron est candidat sous son propre nom, lors des élections législatives et cantonales. «Dans ce cas plus particulier, on est porté par un parti. Il y a collectif derrière vous, car votre présence comme candidat est le fruit d’un mode de sélection démocratique. Il faut être le meilleur à un moment donné et être en mesure de porter un projet collectif, tout en étant capable de convaincre personnellement», précise Jean-Paul Chartron, qui confie ne pas être très favorable au système des primaires pour la désignation des candidats à l’élection présidentielle, qui «ne doivent pas devenir systématiques, car elles renforcent le caractère très personnel de la VeRépublique». En 2007, il loupe de peu son entrée à l’Assemblée nationale en obtenant 49 % des suffrages. Lors de l’échéance suivante, il est le suppléant d’une candidate écologiste : «Je ne pense pas que les électeurs de la circonscription étaient prêts à voter pour une femme, universitaire, écologiste et issue de l’immigration. Notre terre porte encore les marques d’un certain conservatisme».

Dans la 1re partie de sa carrière, Jean-Paul Chartron est professeur de français et d’histoire-géographie dans un lycée professionnel. Puis, il choisit d’entrer dans la fonction publique territoriale, où il finit sa carrière comme directeur territoriale d’une collectivité.

Union de la gauche

«J’ai de très bonnes relations personnelles avec Marc Petit, maire communiste de Firminy et également conseiller départemental. J’ai aussi connu son père en politique. Nous ne mettons pas en avant nos couleurs politiques respectives. Nous travaillons ensemble pour l’intérêt général. Être sur une liste d’union de la gauche est un atout, cela apporte une autre manière d’approcher la gestion d’une commune», ajoute Jean-Paul Chartron, qui a aussi connu les rangs l’opposition municipale lors de la victoire de la droite entre 2001 et 2008. Depuis sa réélection dans la majorité, Jean-Paul Chartron est chargé de l’Urbanisme, la politique de la ville, l’habitat et les transports. Il a toujours eu un intérêt particulier pour l’urbanisme, allant même jusqu’à passer un DESS.

Une partie de la ville de Firminy est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco. Le Corbusier y a réalisé plusieurs ouvrages d’architecture. Le Firminy-Vert, regroupe un stade, une maison de la culture, une église dont la construction s’est achevée en 2006 et des unités d’habitation, où Jean-Paul Chartron a résidé durant 25 ans. Ces dernières représentent 350 logements pour 1 200 habitants. «Le patrimoine de Le Corbusier participe à l’attractivité touristique de la commune, même si certains habitants ont du mal à voir l’œuvre artistique dans cet amas de béton», précise-t-il.

Concernant les transports, il a développé un service de vélos en libre-service et mis en œuvre des places d’autopartages avec des bornes de recharges.

Jean-Paul Chartron est un fervent défenseur de la démocratie participative et des conseils de quartiers : «9% du budget d’investissement sont alloués aux investissements de proximité. Plusieurs projets ont déjà été réalisés comme la rénovation de trottoirs». Des actions en faveur des économies d’énergies ont également eu lieu, notamment grâce à l’extinction des éclairages publics de minuit à 5 heures du matin ou le changement du système de chauffage urbain qui combine biomasse et biogaz. fer «Ces actions nous permettent d’avoir un plan climat équilibré, de faire des économies et de baisser les charges pour les habitants», précise Jean-Paul Chartron, qui est encore en phase de réflexion sur une éventuelle candidature pour les prochaines sénatoriales.

Julien Bossu