L’élu de la semaine : Hervé Burnouf

  Le contact humain avant tout

C’est dans le fief de l’ancien Premier ministre, Bernard Cazeneuve, qu’Hervé Burnouf est adjoint au maire de la commune nouvelle de Cherbourg-en-Cotentin. Il est chargé de la voirie, du stationnement, des polices municipale, de la mer, de la campagne et de la sécurité

On peut dire qu’Hervé Burnouf a attrapé le virus de la politique très tôt. De là, à penser qu’il est tombé dans la marmite étant petit, il n’y a qu’un pas. « Jeune garçon ma mère m’emmenait en mairie le soir des élections pour découvrir les résultats », se souvient Hervé Burnouf, dont l’oncle a été une figure du Parti socialiste à La Glacerie (Manche). Il se définit comme venant d’une famille de radical-socialiste, dans le sens historique du terme. C’est après avoir assisté à un meeting avec Laurent Fabius, venu à Cherbourg lors de la campagne des élections législatives de 1986, qu’il décide d’adhérer au PS. « Je me souviens encore de l’ambiance effervescente dans la salle et de la ferveur des militants. C’est à cette occasion que je me suis dit qu’il fallait que je m’implique d’avantage et ce fut chose faite lors de l’élection présidentielle de 1988 où je me reconnaissais complètement dans la génération “Tonton” portée entre autres par Renaud », ajoute Hervé Burnouf.

De l’énergie à revendre

Jeune militant débordant d’énergie, il s’investit alors dans une campagne « de terrain où le contact humain avait une place plus importante qu’aujourd’hui ». Georges Fâtome, maire de Tourlaville, commune voisine de Cherbourg, lui demande de rejoindre sa liste pour les élections municipales de 1989. Hervé Burnouf est élu conseiller municipal. « On me confie la charge du comité des fêtes de la St-Jean. C’est une institution à Tourlaville. J’ai beaucoup travaillé à cette tâche », raconte Hervé Burnouf. Une année sur deux, une exposition est organisée. La 1re année le thème fut la pomme, symbole de la Normandie. La deuxième édition ayant lieu l’année du référendum sur le traité de Maastricht, l’Europe fut mise à l’honneur sous l’angle de la gastronomie. « Lors d’une autre biennale, le thème retenu fut l’outre-mer. Nous avons eu des représentants de tous les territoires ultramarins et la manifestation était placée sous le patronage de Paco Rabane », se souvient-il avec émotion.

Hervé Burnouf n’a pas choisi la politique comme plan de carrière. Afin de se consacrer à ses vies, professionnelle et familiale, il se met en retrait, tout en restant engagé auprès des représentants de parents d’élèves. Après avoir exercé différents métiers, Hervé Burnouf ouvre une brasserie dans laquelle ses anciens camarades de section viennent régulièrement le voir l’incitant à revenir au PS. Ce qu’il fera « un peu par envie et un peu pour leur faire plaisir », dit-il. Mais son commerce l’empêche de s’y consacrer pleinement. Aujourd’hui, Hervé Burnouf exerce la profession de commercial en immobilier d’entreprise. En 2014, il accepte de figurer à nouveau sur la liste municipale. Il devient conseiller en charge du Budget.

La réforme territoriale en action

L’idée d’un “grand Cherbourg” existe depuis longtemps mais sa mise en œuvre a été plus compliquée que prévu. Dans un premier temps, un référendum local plébiscite la fusion de Cherbourg et d’Octeville. Les autres communes avoisinantes se sont opposées à ce rassemblement : « peut-être parce qu’il était trop tôt pour les habitants. La législation à l’époque ne permettant pas complètement d’encadrer cette volonté, un peu avant-gardiste ». La loi NOTRe a changé la donne et la commune nouvelle de Cherbourg-en-Cotentin voit le jour en janvier 2016. Elle est issue de la réunion des cinq communes membres de la communauté urbaine de Cherbourg. Communauté urbaine qui devient alors Communauté d’agglomération du Cotentin.

Tourlaville ayant intégré Cherbourg-en-Cotentin, Hervé Burnouf devient maire-adjoint chargé de la délégation de la voirie, des parkings et du stationnement. « La question du manque de place de stationnement est récurrente dans les retours des habitants. La place de la voiture est encore trop ancrée dans le quotidien, même si les choses sont en train d’évoluer. De nouvelles habitudes apparaissent, et les parkings périphériques ont permis de désengorger le centre-ville. Nous avons également une forte demande de nouveaux aménagements, comme des anneaux à vélos », précise-t-il.

Hervé Burnouf est également chargé des polices municipale, de la mer, de la campagne et de la sécurité. « Les récents attentats ont grandement modifié les façons de faire en matière de sécurité, notamment lorsque l’on organise de grandes manifestations. L’an dernier nous avons accueilli une étape du Tour de France. Avec les participants, les associations et les services de l’État, tout a été fait pour que les choses se passent au mieux dans la plus grande sécurité », confie Hervé Burnouf.

Julien Bossu