L’élu de la semaine : Guy Larmanjat

g-larmanjat Au-delà des frontières

Guy Larmanjat est conseiller départemental de l’Ain et ancien vice-président chargé du tourisme et des affaires européennes et transfrontalières dans la précédente mandature

Issu d’un milieu populaire, Guy Larmanjat a appris à analyser et réfléchir par lui-même, deux principes qui guideront ses choix de vie : « Mon père m’a eu tard, à 44 ans, il fut prisonnier de guerre durant la dernière guerre mondiale. Il était mineur et m’a transmis la valeur du travail. Mes grands-parents étaient des métayers de l’Allier ». Après des études en BTS électrotechnique, il arrive dans l’Ain pour y poursuivre sa maîtrise, qu’il effectue en alternance auprès de la Chambre de commerce et d’industrie de Bourg-en-Bresse et de l’entreprise d’imprimerie, dans laquelle il travaille encore en qualité de responsable Méthode et Projets.

La campagne présidentielle de 1974 opposant François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing reste son premier souvenir politique marquant. Durant ses études, il a fait la connaissance d’une camarade de classe dont le père est le secrétaire de la section socialiste de Bourg-en-Bresse. En homme réfléchi, Guy Larmanjat prend le temps de poser le pour et le contre. « Lorsque l’on s’engage, ce n’est pas pour faire machine arrière », explique-t-il. C’est durant la campagne présidentielle de 1988 qu’il décide de rejoindre les rangs du PS : « Je garde le souvenir de petites mains de la campagne, avec ses soirées de collage animées ». Cette démarche, il va la vivre jusqu’en 2012, où il décide de quitter le Parti. Malgré ce départ, il n’a jamais tourné le dos aux valeurs du socialisme.

Plutôt homme de terrain que d’appareil, Guy Larmanjat n’est pas pour les guerres de tranchées. Sa première expérience électorale personnelle date de 1998 avec les élections cantonales à Bellegarde-sur-Valserine. « Il nous fallait une candidature ancrée à gauche mais aussi active dans la société civile. J’ai demandé à 3 personnes si elles voulaient y aller, les 3 ont décliné en me disant que c’était mon tour », déclare Guy Larmanjat, qui est défait. En 2001, il devient conseiller municipal d’opposition. Après la démission de celui qui fut sa tête de liste, il devient le chef de file de l’opposition. L’année suivante, des cantonales partielles sont organisées suite au décès du conseiller général. « Depuis 1998, j’ai continué à aller sur le terrain, à la rencontre des habitants et cette initiative a payé », précise Guy Larmanjat, qui remporte cette cantonale. Il décide alors de travailler à temps partiel pour se consacrer à son mandat d’élu de terrain. Une fois de plus, la méthode paie. Il est réélu dès le premier tour lors des cantonales de 2004.

En phase avec les réalités

En 2008, la gauche emporte le département de l’Ain. Rachel Mazuir en prend la présidence et propose la vice-présidence au tourisme et aux affaires européennes et transfrontalières à Guy Larmanjat. « Je me suis empressé de demander le rattachement de ces délégations à la commission des affaires économiques en raison des enjeux importants, que ce soit le développement du tourisme ou les problématiques transfrontalières. La Confédération helvétique cherche à imposer ses décisions sans forcément concerter les instances françaises. C’est notamment le cas des départements de la Haute-Savoie et de l’Ain, qui ne sont pas toujours les interlocuteurs directs, la Suisse devant s’entretenir directement avec l’Union européenne. Certes, les transfrontaliers travaillent en Suisse, mais c’est en France qu’ils vivent et donc ce sont les collectivités locales qui en ont la charge (logement, transport, équipement structurant,…) Il y a bien la compensation financière genevoise (CFG) mais cela n’est pas suffisant, explique l’élu.. Les élus français demandent que 50 % des logements se trouvent de part et d’autre de la frontière et 30 % des emplois soient créés en France, afin de réimplanter de la vie et du travail sur les territoires ».

En matière de transports, Guy Larmanjat salue la création du RER franco-valdo-genevois : « Le “LEMAN express” est un superbe projet qui va révolutionner les relations ferroviaires régionales, mais même s’il y a eu un financement partagé de l’investissement, la question des coûts de fonctionnement n’est pas réglée », ajoute l’élu.

Guy Larmanjat a un exercice du mandat départemental très exigeant, entre le terrain et son choix de toujours garder un pied dans le monde de l’entreprise. En 2014, il choisit de ne pas être sur la liste aux élections municipales, préférant se consacrer à son mandat départemental. En 2015, il est réélu réalisant 53,08 % des suffrages dès le premier tour, son meilleur résultat depuis ses 15 années d’élu, qu’il vit avec plaisir et passion.

Julien Bossu