L’élu de la semaine : Emmanuel Grégoire

 

E. Gregoire Le Pari (s) de la modernisation

La mise à sac des locaux de la Fédération de Paris du PS par des commandos d’extrême gauche le 1er septembre a suscité une réaction indignée de son 1er secrétaire fédéral, Emmanuel Grégoire, et au-delà, de nombreux élus et responsables politiques et syndicaux. Retour sur le parcours d’un élu de terrain d’un immense territoire, celui de la capitale

Adjoint à la maire chargé des services publics, des ressources humaines et de la modernisation de l’administration. C’est l’intitulé de la délégation d’Emmanuel Grégoire, élu depuis 2014 au Conseil de Paris. La capitale, ce sont plusieurs dizaines de milliers d’agents, des services publics locaux en quantité et le tout à gérer avec la volonté de moderniser les outils et les pratiques pour s’adapter au mieux aux attentes des administrés. Pour lui qui avait travaillé dans le domaine des technologies de l’information, la révolution numérique accompagne précisément cette modernisation des outils et des pratiques. Emmanuel Grégoire ambitionne d’unifier d’ici la fin de la mandature toutes les procédures d‘accès aux services publics. Le Parisien disposerait alors d’un compte unique lui permettant d’accéder au service de son choix sans multiplier les cartes – 32 variétés à ce jour – inscriptions et procédures comme c’est encore le cas aujourd’hui. L’idée, c’est que « la révolution numérique place l’usager au centre ». La modernisation, il ne l’envisage pas sans un dialogue social qui est pour lui une condition préalable et non une contrainte. Bien sûr, la baisse des dotations de l’État continue de contraindre la capitale dans ses choix budgétaires : « Nous avons instauré des mesures d’économies et de sobriété sans rien sacrifier », dit-il, reconnaissant néanmoins que « les marges de manœuvre sont sensiblement plus minces qu’auparavant ».

Le quotidien des agents

Même s’il est encore jeune – 40 ans l’an prochain – Emmanuel Grégoire a déjà un long passé professionnel et militant. Les NTIC, une start-up, le financement de la protection sociale, chef de cabinet d’un adjoint au maire de Paris sous la précédente mandature, mais aussi chef de cabinet du Premier ministre Jean-Marc Ayrault en 2012. Adhérent au PS depuis 2000 dans l’idée de participer à la campagne présidentielle de Lionel Jospin, Emmanuel Grégoire est aujourd’hui premier fédéral du PS de la capitale, élu du 12e et président du groupe PS de l’arrondissement. Et même compagnon de route du Printemps républicain aux côtés de la maire du 20e, Frédérique Calandra. Il assure que son mandat local lui est très utile pour exercer ses fonctions de 1er fédéral. Parce qu’il le rapproche des réalités du terrain. Le terrain, il en fait d’ailleurs l’une de ses priorités en allant côtoyer les agents de l’ensemble des services dans leur quotidien, pour mieux identifier leurs attentes et comprendre le contenu des dizaines de métiers qui sont ceux des agents de la capitale, de l’aide soignant à l’éboueur, de l’auxiliaire de puériculture à l’inspecteur de sécurité, de l’ingénieur au bibliothécaire… Emmanuel Grégoire travaille aussi en étroite concertation avec Pauline Véron, adjointe chargée de la démocratie locale, pour renforcer partout où cela est possible les démarches participatives, qui nécessitent que les agents de la ville soient correctement formés, par exemple pour l’élaboration des politiques publiques municipales « En impliquant à la fois les usagers et les agents, il est possible d’apporter des réponses pertinentes dans la mise en œuvre de nos missions et de répondre encore mieux aux besoins évolutifs des Parisiens », explique l’adjoint d‘Anne Hidalgo. Emmanuel Grégoire a aussi beaucoup travaillé sur les questions de laïcité, bien avant les attentats de 2015. Avec un accent particulier mis sur les agents, pour les former dans leurs relations aux usagers bien sûr, mais aussi pour prévenir d’éventuelles dérives s’agissant de la neutralité dont ils doivent faire preuve. « C’est un sujet que je ne mettrai jamais sous le tapis », assure-t-il, loin d’une attitude de déni qui a engendré plus de difficultés qu’elle n’a résolu de problèmes, au plan local comme national.

Philippe Foussier

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