L’élu de la semaine : Yannick Trigance

Donner leur chance à tous les jeunesY-Trigance

Epinay-sur-Seine : Yannick Trigance connaît jusqu’au bout des ongles cette ville de 56 000 habitants où il vit depuis son enfance. A la tête d’une liste de gauche (seul le Front de gauche a préféré faire cavalier seul), il entend en mars redonner cette commune à la gauche, avec comme priorités la jeunesse et la lutte contres les inégalités

Sa vie professionnelle tourne autour de l’éducation : enseignant à Epinay pendant 25 ans, inspecteur de l’Éducation nationale pendant deux ans, il est aujourd’hui directeur général adjoint chargé de la petite enfance, du scolaire, du périscolaire et de l’insertion pour les jeunes dans une commune de la Seine-St-Denis. À chacun de ses postes, comme il le déclare, il est animé « par une volonté sans faille de lutter contre les inégalités et garantir le droit à la réussite de tous les jeunes, quel que soit leur milieu social. » Parallèlement, il a très tôt milité : au plan syndical, tout d’abord, comme responsable de son syndicat, affilié à l’UNSA ; puis au plan politique, rejoignant le Parti socialiste en 1989. Il intègre la direction nationale du PS en 2006. Actuellement, il est secrétaire national adjoint à l’éducation.

Explosion de l’insécurité

Il s’investit aussi dans sa commune : conseiller municipal depuis 1995, il est depuis 2012 le suppléant de Bruno Le Roux, député de la 1ère circonscription de la Seine-St-Denis. Il siège également à la Communauté d’agglomération Plaine commune, où il préside le groupe socialiste. Depuis 2010, enfin, il est conseiller régional d’Ile-de-France, membre de la commission lycées–politiques éducatives, cela va de soi. Au vu de son passé et de son quotidien, on comprend pourquoi Yannick Trigance met au premier plan de sa campagne pour les municipales de mars à Epinay les questions liées à la jeunesse et à l’éducation, qui sont particulièrement importantes pour cette commune, au vu des chiffres : 56 % de la population a moins de 29 ans. C’est une donnée locale importante, qui ne préoccupe guère la municipalité actuelle, qui se refuse par exemple à régler la question de la scolarisation des enfants de moins de trois ans.

Mais bien d’autres problèmes se posent localement. Yannick Trigance souligne par exemple : « Il y a des problématiques très lourdes dans le domaine de la santé. Pour une ville comme la nôtre, avec autant de jeunes, il n’y a plus un seul pédiatre. L’action de la municipalité est inexistante dans ce domaine ». Par contre, le maire crée un grand centre commercial en plein centre-ville, et les commerces traditionnels ferment les uns après les autres. Le reste est à l’avenant : « Le maire a une politique locale très communautariste, reprend notre candidat, il a cloisonné les choses, les gens vivent les uns à côté des autres. En termes de lien social, de vie dans les quartiers, d’équipements socioculturels, c’est une catastrophe. La vie associative s’est considérablement appauvrie ».

On ne s’étonnera pas que, sur de telles bases, « il y ait une explosion phénoménale de l’insécurité sur la commune, malgré un parc d’une centaine de caméras de surveillance… dont d’ailleurs la moitié ne fonctionne pas ». Par contre, la mairie a acheté il y a peu… deux camions antiémeutes ! On attend encore les propositions du maire UDI de la commune, qui a déclaré il y a peu au Parisien : « Nous sommes en pleine réflexion». Qu’il se dépêche quand même : le premier tour des municipales se tient le 23 mars ! Pendant ce temps, Yannick Trigance mène campagne.

Denis Lefebvre

Ce portrait est extrait de la newsletter n°157 du 16 mars 2014