L’élu de la semaine: Yann Vivat

Yann VivatLa valeur n’attend pas le nombre des années

Yann Vivat n’a que 27 ans mais déjà quelques années d’expériences en tant qu’élu local. Il est depuis 2014 maire de Rompon, dans le département de l’Ardèche. 

Yann Vivat a un parcours universitaire étonnant mais très pratique pour sa carrière d’élu. Après une licence de géographie, il obtient un DUT en carrières sociales qu’il met à profit pendant une année de service civique à Valence avant de décrocher un master en aménagement du territoire en 2012. Il n’est pas issu d’une famille militante, et c’est au lycée que la vocation se déclenche. Il est en 1re lorsqu’il mène la fronde dans son lycée contre la réforme Fillon. Il deviendra même représentant des lycéens de l’Ardèche. En 2006, il prend sa carte au PS. Lors de la campagne électorale de 2007, il est membre actif de la Ségosphère : «Afin de rendre la campagne dynamique et attractive, nous avons organisé des happenings, notamment un avec Thomas Hollande». À la suite des présidentielles, il s’engage à SOS Racisme.

Une envie de politique

En 2008, le maire de Rompon lui propose de rejoindre sa liste : «Je me suis dit que c’était l’occasion de voir de l’intérieur comment fonctionnait une collectivité locale et que je pouvais apporter une touche de jeunesse dans un conseil municipal plutôt représentatif d’une tranche d’âge plus élevée». Conseiller municipal jusqu’en 2013, il devient adjoint lors du lancement de la réforme des rythmes scolaires : «Je pensais que la mise en place se ferait facilement dans cette commune de 1000 habitants comptant un peu plus de 70 enfants. Mais les parents étaient majoritairement contre». Rencontrant des difficultés de conciliation, il organise alors un vote des parents qui a mis en avant leur volonté d’avoir les TAP étalés sur deux demi-journées, soit deux fois 1 heure 30. Mais le conseil municipal n’a pas suivi et a voté pour quatre fois 45 minutes. Un emploi d’avenir a été recruté pour appuyer l’équipe pédagogique, des salles de réunion sont devenues lieux d’accueil périscolaires et les parents se sont adaptés aux nouveaux rythmes.

En 2014, Yann Vivat est tête de liste aux municipales. Sa campagne est axée sur l’exemplarité : «J’ai constitué une équipe en amont avec des personnes compétentes connues et reconnues. Nous avons mené campagne avec un projet municipal solide et construit. On arrivait avec un vrai projet pour la ville. J’ai été surpris par la violence de l’entre-deux tours et par la hargne dégagée par mes adversaires».

Yann Vivat a un mode de fonctionnement simple et efficace : il est à l’écoute. Il prend le temps de la discussion et du dialogue pour évoquer les dossiers avec ses administrés. D’ailleurs, depuis la rentrée scolaire 2015, il a pris en considération la parole des parents et des enseignants sur les rythmes scolaires. Aujourd’hui, il se concentre sur l’élaboration d’un nouveau PLU et sur le développement d’une mutualisation conventionnée avec les communes voisines, notamment pour le matériel des services techniques, pour en amortir plus facilement l’achat et l’usage.

Lutter contre l’isolement

Yann Vivat est également 2e vice-président de la Communauté d’agglomération Privas Centre Ardèche, chargé de la mobilité et de l’accessibilité. «Ces problématiques prennent une tout autre mesure en territoire rural. Je me suis appuyé sur une étude globale du territoire pour trouver les solutions les plus adaptées à chaque secteur de l’agglomération». Bus et transport à la demande sont déjà bien connus et il travaille sur le développement de l’”autopartage génération”. Il s’agit d’un échange entre des personnes âgées qui disposent d’un véhicule mais qui ne conduisent plus et des jeunes qui n’ont pas de voiture. Ils peuvent utiliser la voiture pour se rendre au travail et en échange ils conduisent les aînés pour faire leurs courses. Un concept de “stop actif” se met également en place sur le territoire : les auto-stoppeurs ainsi que les conducteurs prêts à les prendre disposent d’un macaron. Ce signe de reconnaissance rend ainsi la pratique plus sécurisante. Des projets innovants, Yann Vivat n’en manque pas !

Julien Bossu

Ce portrait est extrait de la lettre de Communes de France n°227 du 26 septembre 2015

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