L’élu de la semaine: Pierre de Saintignon

SaintignonLa force discrète

Candidat des socialistes pour la présidence de la grande Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Pierre de Saintignon est un acteur de la vie sociale et politique de sa Région depuis longtemps.

La bataille sera rude. Pierre de Saintignon le sait. C’est pourquoi il est parti tôt en campagne, idées en bandoulière et convictions militantes fermement chevillées au corps. Face à lui, un ancien ministre – Xavier Bertrand – et la cheffe du Front National, Marine Le Pen. Dans cette Région, où il s’est établi lorsqu’il avait vingt-cinq ans, il entend faire entendre une autre voix que le chant du déclin entonné par la droite et l’extrême droite. Familier des Lillois, qui ont appris à le connaître depuis vingt-cinq ans qu’il est leur élu au conseil municipal, il sera ensuite 1er adjoint de Martine Aubry, et est aussi actuellement 1er vice-président de la Région Nord-Pas-de-Calais. Pierre de Saintignon, c’est un parcours, un cursus honorum nordiste. Des engagements sociaux d’abord, qui vont se traduire par une entrée en politique ensuite. Entrepreneur social, il fonde des entreprises d’insertion et notamment Vitamine T, en 1978, un groupe qui compte aujourd’hui 2 500 salariés. Commence alors une grande aventure qui va sortir de l’ornière des milliers de jeunes. Vitamine T et ses quatorze filiales c’est aussi cinquante millions d’euros de chiffre d’affaires.

Le nom de Pierre de Saintignon est désormais identifié à cette success story de l’insertion. Fort de cette expérience, il intègre presque naturellement l’équipe de Pierre Mauroy à la mairie de Lille. C’est là qu’il va rencontrer Martine Aubry, qui lui reconnaîtra toujours de savoir marier l’économique et le social. Il joue donc la carte de l’authenticité, celle de l’homme de convictions en prise avec la réalité sociale. Des trois principaux prétendants à la Présidence de la grande Région, il sera l’homme de terrain, de dossiers, de convictions aussi, fortement attaché à l’idée que la Présidence de la Région ne peut être un “marchepied” pour d’autres ambitions. Pierre de Saintignon sillonne les cinq départements de la nouvelle grande Région. Ses déplacements et prises de position, analyses et engagements se multiplient à un rythme effréné. Il mise aussi sur une forme de convivialité militante et socialiste fortement ancrée dans les départements septentrionaux, ainsi le 14 juillet dernier organisait-il un pique-nique géant à Lille. Il croit à un socialisme populaire, qui a déjà défait Marine Le Pen aux législatives de 2012 dans le bassin minier.

Unanimement reconnu comme un homme de conviction et de dialogue, il a l’estime de nombre de ses adversaires. Très tôt dans la campagne, il déclare : « Ma méthode repose sur le dialogue et le débat. C’est la seule façon d’avancer et de mobiliser pour construire une grande région avec tous ses habitants et tous ses territoires ». Celui qui a « toujours voulu rester un élu local » propose aux citoyens une méthode de travail et un projet politique pour les cinq départements composant la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Élu local, fier de l’être, il entend donc être uniquement président de Région et apporter son expérience au service d’un projet collectif. Ces élections régionales seront, chacun le sait, très difficiles. En désignant Pierre de Saintignon, les socialistes ont assumé ce qui fait leur force localement : des élus locaux porteurs d’une vision politique pour les territoires. En ce sens, avec son engagement social, son parcours politique, Pierre de Saintignon était tout désigné pour mener ce combat.

Gaël Brustier

Ce portrait est extrait de la lettre de Communes de France n°221 du 1er août 2015

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