L’élu de la semaine : Pierre Coilbault

A la recherche de l’équilibreCoilbaut

 

Pierre Coilbault est maire de L’Haÿ-les-Roses depuis octobre 2012. S’il ne met pas son drapeau dans sa poche, ce socialiste se veut « l’élu de tous les habitants »

Depuis l’âge de deux ans, Pierre Coilbault n’a jamais quitté cette ville de la banlieue parisienne où il est arrivé avec ses parents en 1956. À la fin de ses études (il est titulaire d’une licence de lettres), il devient directeur du centre de loisirs de L’Haÿles-Roses, puis entre au service des sports de la ville, devient ensuite chef de cabinet du député-maire de l’époque, Pierre Tabanou, rejoint un temps le Conseil général du Val-de-Marne, retourne à la ville de 1991 à 1994 comme directeur général des services. Il avait entre-temps obtenu un diplôme d’étude supérieure de l’administration générale, un DESS de gestion publique et un “executive master” de gestion publique à l’IEP de Paris. Pas moins. Il quitte ses fonctions en 1995 et entre alors au Conseil supérieur de la fonction publique territoriale. Une grande partie de sa vie professionnelle a donc tourné autour de cette ville qu’il connaît sur le bout des doigts.

1995 : un tournant dans sa vie, quand il entre en politique, sur la liste conduite par Patrick Sève. Le voici premier adjoint délégué. Puis il est élu conseiller général en 2011, actuellement second vice-président de l’assemblée départementale, chargé de la solidarité, de la lutte contre les exclusions et du développement social. En 2012, dans des circonstances difficiles, il prend la succession du maire Patrick Sève, après la démission de ce dernier.

 

Dossiers remis à l’étude

 

Aujourd’hui, il emmène une liste de gauche et de rassemblement ouverte à la société civile et ne cache pas son objectif, car l’homme est simple et carré : « Je me présente, c’est pour gagner ». Bien sûr, il assume le passé de la ville, et revendique l’héritage de ses prédécesseurs. Mais il entend aussi « imposer » (le mot est sans doute impropre, quand on connaît Pierre Coilbault, et la façon dont il fonctionne… mais la vie politique est ainsi faite) sa marque, en fonction de ce qu’il est, de ce qui le nourrit. Ainsi, quand il se revendique comme « humaniste, réformiste, social-démocrate ». Tout découle de cela.

Dès qu’il est devenu maire, il a envoyé quelques signes à la population, autour de deux mots simples, a priori : proximité, écoute. Ainsi, chaque samedi matin, il reçoit la population sans rendez-vous. Bien avant l’actuelle campagne municipale, il a entamé une politique systématique de porte-à-porte. Pour se faire connaître, bien sûr, mais aussi pour rencontrer la population, pour l’écouter. Autre novation : les grands projets municipaux sont désormais présentés publiquement, dans des réunions de quartier. Avec un objectif évident : « Voir comment les habitants ressentent ces projets et donc mesurer s’ils se les approprient. » La “sanction” a été immédiate : « Après certaines rencontres, nous avons remis à l’étude un certain nombre de dossiers, pour les traiter différemment. C’est cela aussi, la démocratie. » L’exemple le plus signifiant dans ce domaine est celui de la rénovation du marché.

À son poste, Pierre Coilbault entend toujours « rechercher les points d’équilibre, de consensus, les points d’accord qui permettent aux personnes de vivre ensemble, avec leurs différences, leurs histoires singulières, leurs origines diverses, dans cette commune qui rassemble des quartiers si différents, dans cette commune qui est aussi une mosaïque de mondes, n’échangeant pas ou très rarement. Une ville passionnante, ajoute-t-il, mais pas facile », qu’il entend tourner vers le XXIe siècle, tout en lui conservant son caractère un peu provincial.

Denis Lefebvre