L’élu de la semaine : Freddy Martin-Rosset

Elu de la semaine - Freddy Martin-RossetL’acteur qui aime aussi écrire

Cet ancien journaliste est lié depuis son enfance à Epinouze, commune drômoise de 1530 habitants, dont il est le maire depuis 1992. Il se représente aux municipales de 2014 avec quelques objectifs principaux, dont celui-ci : « Faire vivre une commune où les gens ressentent une certaine solidarité, et enrayer ce vice qui mine notre société : l’individualisme »

Après avoir géré quelques années la ferme familiale suite au décès prématuré de ses parents, il a travaillé dans une coopérative agricole, avant d’entamer une carrière de journaliste à partir de 1985 à L’Agriculture drômoise, dont il a été le rédacteur en chef de 1993 à 2006.

Cette année-là, confronté à la montée en puissance de ses mandats électifs, il met fin à ses activités de journaliste. Car l’homme est ainsi : il ne fait pas les choses à moitié.

On le voit au quotidien dans sa commune d’Epinouze et alentours. Ce mot “alentours” n’est pas sans importance, car Freddy Martin-Rosset s’implique à fond dans l’intercommunalité. Et ce, depuis des années : en 1992, il est de ceux qui créent l’une des premières communautés de communes en France, celle de Rhône-Valloire, qu’il préside depuis 2008.

La chance pour l’avenir

Depuis de longs mois, il s’implique avec enthousiasme dans une nouvelle étape, qui débouchera en janvier 2014 sur la naissance de la Communauté de communes “Porte de RhôneArdèche” (“dénomination écrite à l’américaine, comme il dit dans un sourire, avec le “A” en majuscule”) qui regroupera 35 communes et quelque 45000 habitants. « Une intercommunalité, reprend-il, assez atypique, sans une ville-centre qui ferait de l’ombre sur les autres communes la composant ».

L’intercommunalité est pour lui une affaire sérieuse : « Des communes de la taille d’Epinouze, encore plus au moment où l’Etat s’efface, n’ont d’avenir que dans l’intercommunalité. C’est aussi la seule chance pour l’échelon de proximité ».

Il se représente aux municipales de 2014. Il aurait bien voulu passer la main. « Les habitants en ont peut-être assez de voir ma tête après toutes ces années », dit-il avec humour !, mais il est d’avis qu’un capitaine ne doit pas abandonner le navire dans la tempête : donc il repart au combat et entend dans la prochaine mandature mener à bien quelques dossiers et, surtout, préparer la relève, en s’entourant d’une équipe de jeunes élus « L’avenir c’est eux ». Quels dossiers ? Du concret et du “philosophique”: affirmer une vocation communale, même dans le cadre de l’intercommunalité, et travailler sur ce qu’il appelle le “centrebourg”, y favoriser les déplacements, la circulation ; s’attaquer dans les meilleurs délais au grand chantier des rythmes scolaires. Mais aussi travailler plus en profondeur pour faire d’Epinouze une ville solidaire au quotidien. Vaste chantier qui constituera un des axes principaux de sa campagne de 2014.

Cet hyperactif sait aussi se donner des temps de respiration, y compris intellectuels: ainsi quand il s’est attelé pendant plusieurs années à une recherche sur l’itinéraire politique drômois de Marius

Moutet, ministre à plusieurs reprises dès 1936, homme clé de la Drôme jusqu’à son décès en 1968. Il a fouillé les centres d’archives, récupéré des papiers, des photos dans la famille de son “héros”.

En 2012, il a publié un ouvrage de 500 pages bien tassées, consacré à cet homme politique méconnu et oublié.

L’acteur s’est laissé de nouveau aspirer par l’écriture.

Denis Lefebvre