L’élu de la semaine : Carlos Da Silva

Carlos Da SilvaDéputé et conseiller général de l’Essonne, Carlos Da Silva a suivi de près le débat parlementaire sur l’affirmation des métropoles. Le dossier du Grand Paris lui tient particulièrement à coeur

Né à Corbeil, Carlos Da Silva en est le conseiller général et le député. Il est aussi premier secrétaire fédéral du PS de l’Essonne. Membre de la commission des lois de l’Assemblée nationale, il s’est beaucoup investi dans le débat sur le projet de loi piloté par Marylise Lebranchu, sur le volet métropole parisienne.

Une ministre pour laquelle il ne tarit pas d’éloges pour la manière dont elle a organisé le travail avec les parlementaires : « Elle fait la VIe République dans la Ve », dit-il pour souligner son écoute du Parlement, son « modèle coopératif ». Le député de l’Essonne, qui était le responsable pour le groupe socialiste du projet de loi instaurant le conseiller départemental binominal, est d’abord attaché à l’efficacité de l’action publique. « L’enchevêtrement des compétences, l’illisibilité pour les citoyens, l’égoïsme de certains élus », voilà pour lui les problèmes à régler, car tout cela « nuit à l’efficience de l’action publique». Il pointe par exemple le fait que les villes d’Evry et de Corbeil ne sont pas dans la même interco. « Il faut organiser sans recentraliser, mais l’Etat doit être en situation de contraindre dans certains cas », explique Carlos Da Silva, partisan pour l’Ile de France d’une « métropole intégrée». Et cette nouvelle organisation en mouvement posera à terme la question du meilleur échelon. « La métropole, la Région, les départements, les intercos… Cette superposition nous conduira à des choix », dit-il, estimant que tous les territoires « ne doivent pas forcément avoir des structures identiques ». Il observe avec un grand intérêt ce qui s’est produit dans l’agglomération lyonnaise. « Nous les socialistes, nous sommes le parti du mouvement, nous ne devons pas être dans le statu quo », plaide-t-il.

 

Bi-nationalité revendiquée

 

En attendant d’éventuelles modifications structurelles, l’élu de Corbeil s’épanouit dans ses fonctions de vice-président du Conseil général chargé des finances et des ressources humaines : « Mon rôle est de veiller à la bonne gestion de plus d’1,2 milliard d’euros et de garantir les meilleures conditions de travail aux 4400 agents qui assurent leurs missions au service d’1,2 million d’Essonniens ». Ancien instituteur, Carlos Da Silva admet que Serge Dassault a motivé son entrée en politique. Non comme soutien, bien sûr, mais parce que les turpitudes de l’avionneur dans sa gestion de la mairie de Corbeil ont stimulé son envie de s’opposer à cette façon de faire. Après une tentative

en 2004, il est élu d’un des cantons de Corbeil en 2008 et conseiller municipal d’opposition. Et c’est en 2011 qu’il deviendra vice-président du Conseil général aux côtés de Jérôme Guedj. Mais si Carlos Da Silva est député, c’est aussi beaucoup à Manuel Valls qu’il le doit, car il a été son suppléant depuis 2002. C’est la nomination de ce dernier au ministère de l’Intérieur qui donne à ce premier enfant d’une famille portugaise arrivée en France à la fin des années 50 la possibilité d’exercer ce mandat parlementaire. Revendiquant sa bi-nationalité, récusant avec énergie les procès en antipatriotisme que l’extrême droite adresse à ceux qui sont dans son cas, Carlos Da Silva souhaite d’ailleurs que ces questions d’intégration et d’immigration soient « débattues jusqu’au bout. Le rôle de la République, c’est de fabriquer des citoyens avec leur pluralité, pas de faire coexister des communautés. Il faut reprendre le récit républicain, il faut revendiquer la République tout en affirmant une France généreuse, un carrefour, un destin partagé, pas la France rabougrie et repliée de l’extrême droite ». Evoquant les récents rapports remis au gouvernement, qu’il juge « farfelus », Carlos Da Silva l’affirme avec force : « La laïcité est une avancée républicaine majeure. Je suis du genre républicain intégrateur». Comme pour la métropole parisienne !

Philippe Foussier