L’élu de la semaine: Bernard Lalande

B LalandeCompter sur l’avenir

Bernard Lalande est maire de Montendre, une petite ville du sud de la Charente-Maritime. Sénateur depuis septembre dernier, c’est en expert des chiffres qu’il a intégré la commission des finances dans laquelle il a rapidement pris ses marques

Maire depuis 1993, conseiller général pendant plus de 15 ans, Bernard Lalande a intégré le Sénat avec une solide expérience d’élu local et un certain “rodage” quant à la notion de proximité. L’épaisse et légendaire moquette du Palais du Luxembourg n’aura pas raison de sitôt de son approche. « Les parlementaires parlent de la fraude fiscale ou de grands problèmes un peu abstraits pendant que nos administrés se demandent juste s’ils vont retrouver leur voiture en bon état demain matin. Il est indispensable qu’on redescende d’un étage car on discute avec les gens de choses pour eux essentielles sans vraiment les prendre en compte. Ensuite, on s’étonne que le discours du Front national prenne… », explique Bernard Lalande.

Entré au PS en 1974, issu d’une famille socialiste, Bernard Lalande a consacré beaucoup de son temps d’élu au développement économique de son territoire en participant dès 1992 à la création d’une communauté de 131 communes en Haute-Saintonge, un territoire plus tourné vers Bordeaux au sud que vers le chef-lieu du département, La Rochelle, à plus de 100 km. Grâce au soutien conjoint de Ségolène Royal et d’Alain Rousset, les deux présidents de Régions concernés, la desserte TER vers Bordeaux a été améliorée et permet à 150 Montendrais d’aller travailler chaque jour dans la cité de Montaigne. Mais Montendre, une petite ville de près de 3 500 habitants qui conjugue ruralité et passé ouvrier, a été durement touchée par le déclin industriel entamé dans les années 70. Les usines d’extraction et de fabrication de tuiles, qui constituaient le gros de l’activité depuis des décennies, ont périclité les unes après les autres. Il a fallu faire preuve d’inventivité et les élus de gauche et de droite se sont rassemblés pour imaginer l’installation de pépinières d’entreprises qui donnent des résultats encourageants. Maire depuis 1993, conseiller général pendant plus de 15 ans, Bernard Lalande a intégré le Sénat avec une solide expérience d’élu local et un certain “rodage” quant à la notion de proximité. L’épaisse et légendaire moquette du Palais du Luxembourg n’aura pas raison de sitôt de son approche. « Les parlementaires parlent de la fraude fiscale ou de grands problèmes un peu abstraits pendant que nos administrés se demandent juste s’ils vont retrouver leur voiture en bon état demain matin. Il est indispensable qu’on redescende d’un étage car on discute avec les gens de choses pour eux essentielles sans vraiment les prendre en compte. Ensuite, on s’étonne que le discours du Front national prenne… », explique Bernard Lalande.

Confiance aux élus

L’avenir, Bernard Lalande le voit assez bien se dessiner avec ce que représentent la transition numérique, « des voies de communication sans bitume », et la transition énergétique. Éloigné des thèses environnementalistes, « ils voudraient créer des déserts humains », dit-il, tout comme de celles de la décroissance, celui qui a bâti une carrière d’expert-comptable et de commissaire aux comptes à la tête d’un cabinet prospère croit beaucoup en la capacité de ces transitions à « dessiner un programme qu’on n’arrive pas encore a bien formuler, mais on tient à l’évidence quelque chose de nouveau et la gauche doit se donner la volonté et les moyens de le porter ». Très investi sur la question de la fiscalité du numérique à la commission sénatoriale des finances, Bernard Lalande maîtrise ces matières avec aisance. Doté d’une « culture du flux financier », il se targue d’une « vision pas comptable mais globale, qui permet de choisir lorsqu’on est confrontés à des choix de choix ». Convaincu par la nécessité de la loi NOTRe, satisfait du redécoupage départemental en grands cantons « qui obligent à une réflexion commune sur les territoires », il vit sans traumatisme la baisse des dotations – « Cela crée une cohérence pour toute la puissance publique » –, Bernard Lalande préconise de faire confiance aux élus : « Ils ont l’habitude de gérer pour un coût bien moindre que si l’État devait tout faire ». Et son grand projet du moment, c’est la création d’un parc d’attractions dans sa commune dans une zone classée Natura 2 000 et ZNIEFF, un projet qui se conjugue avec la station thermale et le centre nautique de la ville voisine de Jonzac.

Mais l’avenir, Bernard Lalande le redoute aussi parfois lorsqu’il constate la montée des communautarismes : « La laïcité, c’est pour tous une sécurité de pouvoir vivre ensemble et cela passe par des règles et une discipline, sans dérogations. On a pris beaucoup de retard et doit mettre immédiatement les moyens dès l’école. Si on ne le fait pas, on enfantera des extrémismes ». L’avenir se construit aujourd’hui…

Ce portrait est extrait de la lettre de Communes de France n°200 du 16 février 2015

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