L’élu de la semaine: Barnabé Louche

BarnabŽ LoucheUne nette envie d’aider les autres

Barnabé Louche, conseiller municipal d’opposition de Privas, en Ardèche, a fait sensation, le 1er février dernier lors du Rassemblement des secrétaires de section du PS à la Mutualité, en interrogeant la tribune et la salle par un : « Le service public doit-il être rentable ? ». Il est par ailleurs l’un des cofondateurs du laboratoire d’idées “Génération 6 Mai”

Comme beaucoup de jeunes de sa génération, Barnabé Louche est encore au lycée lorsqu’il choisit de rejoindre le PS au lendemain de l’élection présidentielle de 2002. Pour lui, il était impensable de voir l’extrême-droite aussi forte en France. La République étant en danger, il voulait être un acteur de sa défense. Puis vient le temps des études, sérieuses et orientées vers les mathématiques.

Durant cette période, il entre dans l’équipe de la Confédération étudiante. Il y défend avec vigueur l’insertion professionnelle. « C’est une des problématiques des universités. Elles se limitent trop souvent à la transmission de connaissances et des savoirs sans assez prendre en compte l’insertion professionnelle de ses étudiants », estime Barnabé Louche. Titulaire d’une licence de mathématiques, il se retrouve à enseigner durant quelques mois seulement, lorsqu’il se voit proposer un poste de chargé de mission à la région Rhône-Alpes, auprès d’un vice-président. Il intègre ensuite le cabinet de Jean-Jacques Queyranne comme conseiller technique en charge de l’éducation et des nouvelles technologies, de 2009 à 2011. Puis, il retourne dans son fief ardéchois en tant que chef de cabinet du président du Conseil général. Aujourd’hui, il est responsable des partenariats au sein de l’ONG Bibliothèques sans frontières.

L’enfant du pays

Barnabé Louche est très attaché à son territoire. Il a commencé à militer à la section de Privas et ne l’a jamais quittée. Il y prend des responsabilités à partir de 2008 pour en devenir le secrétaire en 2011. Il progresse également au niveau fédéral, d’abord secrétaire, aujourd’hui 1er fédéral adjoint. Son premier engagement électoral est assez récent. Toujours dans son envie d’être utile à son territoire, il a refusé des propositions lorsqu’il était en poste à Lyon pour se focaliser sur sa ville. Il est troisième sur la liste municipale conduite par Yves Chastan. Cela se solde par un échec mais il a sa place dans l’opposition.

Il est également conseiller à l’agglomération Privas Centre-Ardèche. En juin 2014, il ravit la présidence du Centre hospitalier des Vals d’Ardèche dont il va faire de la sauvegarde des services médicaux de proximité son nouveau cheval de bataille. Ce vaste ensemble hospitalier va de la maternité à l’EHPAD regroupe 600 agents, 52 médecins, l’un des plus gros employeurs du secteur.

Défenseur du service public

« La Cour des comptes a dressé une liste de 13 maternités jugées non rentables car pratiquant moins de 300 accouchements par an, celle de Privas en fait partie », précise Barnabé Louche. Il fait parvenir à ses 12 confrères, présidents de conseil de surveillance d’hôpitaux, un manifeste pour la sauvegarde des maternités. « L’État doit assumer son rôle de sauvegarde des services publics, sans les remettre en cause annuellement. On ne peut pas se désoler de la désertification médicale et dans le même temps y contribuer », souligne Barnabé Louche. Pour lui, « un service de naissance n’est pas rentable et qu’il ne le sera jamais. Les petites maternités ont leur place entre les usines à bébés et les maisons de naissances ». Le territoire est déjà engagé dans une coopération avec les établissements voisins en matière de numérique et de télémédecine mais cela n’est pas suffisant pour attirer de nouveaux médecins, être à la fois une source d’attractivité et en capacité d’investir.

Julien Bossu

Ce portrait est extrait de la lettre de Communes de France n°198 du 2 février 2015

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