L’avenir de la commune

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André laignel

Le 99e Congrès des maires aura cette année une dimension particulière, et ce à plus d’un titre.

Tout d’abord, alors que ce rendez-vous majeur pour les élus locaux se déroule traditionnellement au mois de novembre, nous nous réunirons cette année au printemps, du 31 mai au 2 juin prochains. Les terribles attentats qui ont frappé notre pays à l’automne dernier nous avait en effet conduit, François Baroin et moi-même, à annuler en urgence notre dernier congrès considérant que les conditions de sécurité n’étaient pas réunies. Face à ces circonstances exceptionnelles, nous avions alors pris l’initiative d’organiser un rassemblement des maires en présence des plus hautes autorités de l’Etat. Ce grand moment de fraternité restera sans doute dans les mémoires de chacun comme une puissante démonstration de l’unité des élus de la République dressés face à la barbarie.

Le congrès qui s’ouvre dans les prochains jours sera en outre le dernier du quinquennat, puisque notre vie politique est ainsi rythmée. Le Président de la République nous fera d’ailleurs l’honneur de conclure nos travaux le jeudi après-midi. Je ne doute pas que ce sera l’occasion pour lui dessiner la trajectoire des réformes territoriales engagées par la gauche depuis 2012 et d’envoyer un message de confiance aux maires, dont les attentes sont fortes et les interrogations nombreuses. Ce besoin de mise en cohérence de notre action est légitime. Il devient même nécessaire pour renvoyer la droite à ses responsabilités alors que les différents candidats à la primaire sont lancés dans le concours du libéralisme le plus sauvage. Tous veulent supprimer des milliers de fonctionnaires, tous se proposent de réduire drastiquement les dépenses publiques, tous veulent remettre en cause les fondements de notre pacte social ; comment imaginer que ces mesures n’entraineraient pas un profond bouleversement, voire une mise en péril de nos communes ?

L’avenir de la commune sera d’ailleurs l’enjeu central des débats de notre Congrès. Je fais le constat que les 36 000 communes de France, qui sont autant de piliers sur lesquels repose toute l’organisation de nos institutions, se trouvent aujourd’hui à un tournant de leur histoire.  Pour le dire autrement, je considère que la commune n’a à la fois jamais été aussi nécessaire et jamais aussi menacée. J’en veux pour preuve le lent étouffement financier dont elle fait l’objet ainsi que les tentatives de dilution de ses compétences à la faveur d’une montée en puissance insidieuse de l’intercommunalité.

Je vous attends nombreux pour venir débattre, réaffirmer nos valeurs communes et réserver le meilleur accueil au Président de la République.

André Laignel,
maire d’Issoudun,
1er vice-président délégué de l’AMF