La laïcité, notre avenir, par Christian Bataille

Edito - Christian BatailleSoyons républicains en  redonnant  à  la laïcité la place fondamentale  qu’elle n’aurait  jamais  dû perdre.

 

Pour  le  gouvernement  de Jean-Marc  Ayrault,  la  laïcité sera plus qu’un bruit de fond ou  qu’une  question  rituelle. Les  acquis  de  la  IIIe République  sur  l’école  ainsi  que  la loi  de  1905  ont  été  gravement  remis  en question sous la présidence Sarkozy : la laïcité de l’État à travers le discours de Latran, l’école publique à travers la loi Carle.

Depuis  l’élection  de  François  Hollande, des initiatives positives ont d’ores et déjà été prises. La dernière en date est l’annonce de la mise en place en 2013 de l’Observatoire  national  de  la  laïcité  qui  suit  les profondes  réformes  annoncées  par  Vincent  Peillon :  l’introduction,  à  la  rentrée 2014, de la “morale laïque” à l’école et la création des écoles supérieures de professorat et de l’éducation, héritières du riche passé des Écoles normales.

Des chantiers restent en attente : la constitutionnalisation de la loi de 1905 en évitant l’exception du concordat ; le droit de mourir dans la dignité qui ne recueille pas l’accord de la hiérarchie catholique mais est majoritaire dans l’opinion. Pour les élus municipaux, la laïcité est présente dans le quotidien. La loi de 1905 est claire : « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ». Par conséquent, les élus doivent  résister  aux  pressions diverses  qui  s’exercent  pour éviter les accommodements avec la loi en matière de lieux de  culte.  L’hypocrisie  a  dominé  ces  dernières  années, tant  en  ce  qui  concerne  les subventions  aux  constructions  de  mosquées  ou  de cathédrales.  La  meilleure  façon  de  traduire  l’hommage rendu par François Hollande lors de son élection envers Jules Ferry est de  revenir  sur  la  loi  Carle,  de  restaurer la  primauté  de  l’école  de  la  République et  de  dispenser  les  municipalités  d’une contrainte aberrante de financement des écoles privées.

Enfin, un point n’est pas souvent évoqué au rang des grandes réformes mais il est pourtant important : notre République demande à ceux qui la représentent, élus ou fonctionnaires de ne pas manifester leurs convictions  religieuses  à  l’occasion  de manifestations  publiques.  Qu’un  Préfet, en costume de ville, assiste à une cérémonie religieuse, c’est sa liberté. Qu’un Préfet, en uniforme et porteur des insignes de la République fasse de même, est contraire au principe de neutralité de l’État.

La  République  laïque  est  un  tout. Pour les grandes questions et pour les détails, elle  est  notre  passé  mais  est  aussi  notre devenir.

Christian Bataille, Député du Nord