La SFIL a réduit de 2,4 milliards d’euros son stock d’emprunts toxiques

La SFIL (Société de financement local), banque publique née en 2013 après la faillite de Dexia, dispose désormais d’un stock d’encours toxique de 6,1 milliards d’euros : 2,4 milliard d’euros ont été “désensibilisés” en 2 ans (dont 1,2 milliard d’euros en 2014), comme l’a indiqué le P.-D.G. de la SFIL Philippe Mills, auditionné mercredi 25 mars par la commission des finances du Sénat.

Toujours prégnant, le poids lié aux emprunts toxiques reflue donc avec régularité pour celle qui est devenue la deuxième banque du secteur public local (derrière la Caisse d’épargne), et qui assure aujourd’hui 25 % du financement bancaire des collectivités.

L’envolée du franc suisse à la mi-janvier a toutefois démontré que le risque planait toujours sur le paysage local, Philippe Mills rappelant qu’à ce jour, seule la «moitié du stock à risques a des taux activés», c’est-à-dire des emprunts entrés dans leur phase variable où leur taux d’intérêt peut s’envoler. Si 145 collectivités et 29 hôpitaux se sont débarrassées de l’intégralité de leurs emprunts toxiques, 734 emprunteurs restant encore concernés. Rappelons que pour faire face à l’évolution du franc suisse, le fonds de soutien aux collectivités a été doublé par le gouvernement, passant à 3 milliards d’euros. La date limite de dépôt des demandes à bénéficier du fonds reste elle fixée au 30 avril. 200 contentieux entre banques et collectivités restent en cours.

Romuald Sautier

Cette brève est extraite de la lettre de Communes de France n°206 du 31 mars 2015