Thomas Hennequin, Maire de Montcornet à 25 ans : "redonner aux habitants la fierté de vivre dans le monde rural"

Votre mandat a débuté il y a quelques mois. Comment la crise sanitaire impacte-t-elle votre travail au quotidien, ainsi que celui de votre équipe municipale ?

Nous avons pris nos fonctions en pleine crise Covid. Cela n'a en effet pas été facile, d'abord parce que chaque changement de municipalité demande un temps d'adaptation mais aussi et d'autant plus lorsque la situation sanitaire est particulière pour ne pas dire exceptionnelle. Nous avons su faire preuve de beaucoup de réactivité, avec toujours l'appui des services, à qui il faut rendre hommage pour le travail fourni. Le plus difficile a sans doute été de garder le lien avec la population, juste après la période de campagne électorale. Le confinement est venu stopper net ce qui avait pu être entrepris précédemment. Heureusement, les réseaux sociaux ont permis, en partie, de garder le lien et de ne pas casser totalement cette dynamique. Cette crise que nous traversons nous amène in fine à être en permanence prêts à agir dans l'urgence et à savoir faire face à toutes les situations. De là, nous devons en tirer toutes et tous beaucoup d'enseignements.

Vous avez été doublement engagé sur le front de la lutte contre la Covid-19, en tant qu’interne en médecine et en tant que Maire. Que pensez-vous de la gestion de la crise sanitaire opérée par le Gouvernement ?

​Une crise, quelle qu'elle soit, n'est jamais facile à gérer. Nous avons dû faire face au manque de masques, au manque de tests et désormais au manque ou aux difficultés d'approvisionnement des vaccins. L'attente est grande de la part de nos concitoyens et c'est normal. La crise sanitaire est venue bouleverser notre quotidien, en déséquilibrant nos vies. Elle a remis en cause nos habitudes et ce changement inattendu a été, naturellement, source d'angoisse et de crainte. Les maires ont su cependant faire preuve de réactivité. Ils sont ceux qui connaissent au mieux leur territoire et leurs administrés. C'est grâce aux élus locaux que nous avons pu tenir. Ici et là des initiatives ont vu le jour pour pallier les manquements de l'État. Il n'est pas de mon devoir de jeter la pierre à quiconque. Les conséquences devront être tirées, en temps voulus, pour que nous puissions apprendre de cette crise sans précédent. Néanmoins, et nous le savons déjà, ce qui doit primer dans de telles circonstances, c'est, toujours, d'avoir un discours de vérité. Il en va de la crédibilité de la parole politique.


Vous êtes devenu maire à seulement 25 ans. Comment les habitants de Montcornet ont-ils accueilli votre candidature ? Pensez vous que votre âge puisse être un atout pour la commune ?

​Ma candidature, qui est aussi celle d'une équipe, a pu susciter de prime abord l'étonnement, et c'est légitime. Avec mon prédécesseur, qui a fait 19 ans de mandat de maire, nous avons 50 ans de différence. Notre vision des choses peut donc différer, et c'est normal. En mars 2020, nous avons été élus sur un projet. Ce que je souhaite, c'est être jugé sur les actes. J'ai toujours été clair sur mes ambitions : je n'ai pas été élu pour "pantoufler" durant six ans. Montcornet est une petite ville rurale, qui souffre de nombreuses problématiques, notamment en ce qui concerne la mobilité et l'emploi. Nous venons d'être retenus dans le dispositif "Petites villes de demain". Il faut agir vite et fort, même si nous pouvons vite être lassés par certaines lenteurs ou lourdeurs administratives. Peut-être que mon âge est responsable, en partie, de faire avancer les choses le plus rapidement possible mais c'est surtout la volonté qui doit guider nos actions et là où il y a une volonté, il y a nécessairement un chemin.


Quels sont les principaux projets de votre action municipale qui verront le jour à Montcornet dans les cinq prochaines années ?

Avec les élus, nous voulons transformer Montcornet. C'est une ville d'histoire, marquée par les deux grandes guerres, et c'est d'ailleurs près de Montcornet que le Président de la République est venu lancer l'année De Gaulle, le 17 mai 2020. Montcornet doit aussi devenir une ville d'avenir. C'est un pôle structurant du territoire, ce pôle doit, dès demain, être incontournable. D'abord par la revitalisation du centre-ville, indispensable pour maintenir nos commerces de proximité et faire vivre le coeur de la cité. Ensuite par la préservation du patrimoine, et non des moindres, l'église fortifiée Saint-Martin, qui est la plus grande de Thiérache. Les derniers travaux remontent à 1890. Aujourd'hui, nous lançons les prémices d'un vaste chantier de rénovation qui s'étalera sur plus d'une décennie. Un projet de Maison de Santé Pluridisciplinaire doit également voir le jour. Pour des questions éthiques, le projet est confié à ma première adjointe. La santé reste une des premières préoccupations dans le monde rural, et la crise sanitaire que nous traversons légitime ce choix.

D'autres travaux verront naturellement le jour au fur et à mesure du mandat comme les réfections de voiries, la réhabilitation de certaines places, la rénovation des écoles, de façades, ... Ce que je veux, c'est redonner aux habitants la fierté de vivre dans le monde rural.


Vous êtes candidat à la tête de liste PS dans l’Aisne pour les élections régionales en Hauts de France. Quelles seraient les grandes lignes du projet que vous souhaitez porter pour cette région ?

​Avant d'être candidat, je suis surtout à la disposition de ma famille politique et de ses militants. Je suis un homme de terrain et c'est peut-être pour cela qu'ils m'ont sollicité. Il y a un vrai désir sur le terrain et dans les actes de militantisme de préparer une nouvelle génération d'élus. Nous avons été absents de l'hémicycle régional les six dernières années. D'ailleurs, l'histoire des Hauts-de-France a commencé à s'écrire sans un seul élu de gauche... C'est une anomalie notable dans l'histoire politique et nous devons, cette fois, la réparer. Il n'est pas pensable que des citoyens, qui nous accordent leur confiance via leur suffrage, ne puissent être représentés.

La région des Hauts-de-France est merveilleuse, et si j'étais chauvin - mais je ne le suis pas - je dirai que c'est même la plus belle !

Nous devons y construire l'avenir ; un avenir que je souhaite résolument social et écologique. La priorité reste le transport. Il faut pourvoir les administrés des Hauts-de-France d'une offre de transport adéquate, notamment en maintenant les lignes ferroviaires. La jeunesse, l'innovation et la recherche doivent également être au cœur de la région de demain. Lille et Amiens doivent être dotés de tous les moyens pour être moteurs en ces domaines, avec des zones de décentralisations dans chaque département de la région. Ensemble, avec les forces de gauche et de l'écologie, il nous faut penser une région ouverte sur la France, mais aussi sur l'Europe.