Sénat : les socialistes demeurent le premier groupe d'oppositon

Les élections sénatoriales, qui se sont tenues le 27 septembre dernier, ont permis de renouveler la moitié des sièges de la seconde chambre législative française. Ce sont ainsi 172 sièges sur 348 qui étaient en jeu et qui ont mobilisé les grands électeurs, dans un contexte particulier de crise sanitaire.


Peu médiatisé par sa nature indirecte, le renouvellement pour moitié de la chambre haute avait toutefois la possibilité de redessiner, pour les trois prochaines années, la composition du sénat. Néanmoins, comme attendu, les résultats ont révélé peu de surprises, même si 70 nouveaux sénateurs (sur les 172 sièges en jeu) commencent leur mandat en 2020. Les équilibres politiques n’ont pas non plus été bouleversés : si la droite maintient sa majorité, le parti socialiste demeure la première force d’opposition du pays.

Avec 4 sièges supplémentaires pour Les Républicains et 6 pour l’Union Centriste, c’est effectivement la droite qui sort en tête de ce scrutin, sans réel suspens. Le Groupe « Les Républicains » conserve ainsi sa majorité dans la chambre haute et cumule 148 sièges, dont 80 issus de ces dernières élections. Ainsi, c’est sans surprise également que Bruno Retailleau est reconduit à la présidence du groupe et que Gérard Larcher a été conforté à la présidence du Sénat au 1er octobre dernier. Le « Groupe d’Union Centriste », présidé par Hervé Marseille, regroupe quant à lui 54 sénateurs dont 30 ont été élus ou réélus au 27 septembre dernier.


Les autres partis ne marquent pas de rebondissement non plus : La République en Marche, après une élection difficile, constitue un groupe « Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants » de 23 sénateurs avec à sa tête François Patriat. Les écologistes, quant à eux, gagnent assez de sièges pour créer un « Groupe Écologiste - Solidarité et Territoires » de 12 sénateurs, présidé par Guillaume Gontard, non encarté bien que le groupe soit composé en majorité de membres d’EELV. Enfin, le « Groupe communiste républicain citoyen et écologiste » a reconduit à sa présidence Éliane Assassi avec 15 sénateurs sur les 16 précédents.


Si la droite sort renforcée de ces élections sénatoriales, le parti socialiste demeure le premier parti d’opposition et le deuxième groupe du sénat. Le groupe, renommé « Socialiste, Écologiste et Républicain », composé de 65 sièges dont 30 viennent d’être élus, a reconduit à l’unanimité Patrick Kanner à sa tête. Néanmoins, ces résultats masquent des réalités variées.

Peu de surprises dans un certain nombre de départements où le parti s’est maintenu avec les mêmes élus : c’est le cas par exemple de la Seine-Maritime (Didier Marie), de l’Aude (Gisèle Jourda), la Charente (Nicolas Bonnefoy), le Finistère (Jean-Luc Fichet), La Haute-Garonne (Claude Reynal) et bien d’autres. Dans d’autres, si les sièges sont restés au PS, les candidats eux ont été renouvelés comme dans l’Ain (Florence Blatrix-Contat), l’Ariège (Jean-Jacques Michau), la Sarthe (Thierry Cozic), la Haute-Vienne (Isabelle Briquet), la Somme (Rémi Cardon) …


Certains départements, quant à eux, marquent une victoire du Parti, seul ou en coalition, avec le gain de nouveaux sièges. Ainsi, en Haute-Garonne, le PS remporte un second siège avec la victoire d’Émilienne Poumirol grâce à une liste d’union de la gauche. Dans l’Hérault, Hussein Bourgi rafle l’ancien siège de Marie-Thérèse Bruguière, apparentée Républicains, et dans le Vaucluse c’est Lucien Stanzione qui remporte le siège de l’ancien sénateur LREM Claude Haut.


Néanmoins, quelques sièges ont été perdus dans quelques départements, notamment par manque d’alliance de la gauche. Patrick Kanner déplore la perte de 6 sièges au total : « Ce n’est pas la droite qui les gagne, c’est la gauche qui les perd essentiellement par la division ». La perte des sièges du PS se fait à l’avantage de la droite dans certains départements comme dans les Alpes-Maritimes (LR), en Charente (LR), dans l’Aisne (LR), dans le Doubs (UC), dans le Finistère (LREM), en Seine Maritime (LR) et dans le Tarn (UC), où le manque de rassemblement a pour conséquence la défaite de la gauche. Néanmoins, elle se fait également au profit d’EELV et d’autres partis de gauche : c’est le cas en Ille-et-Vilaine, dans le Bas-Rhin ou encore dans le Rhône et la métropole de Lyon. Ainsi, « c’est une leçon à retenir, l’union de la gauche reste un combat et là où il y a de la division, il n’y a que de l’échec » (Patrick Kanner).


La FNESR aura à cœur d’accompagner et de mettre en avant le travail et les propositions portés par nos 65 sénatrices et sénateurs durant les 6 prochaines années.


Le groupe a de grands chantiers devant lui pour remettre la question sociale au cœur de la gestion de crise, porter une fiscalité juste au service d’un budget efficace, pour plus de justice sociale et d’équité fiscale, et ouvrir une nouvelle ère de la décentralisation.


Plusieurs priorités politiques sont déjà engagées pour réorienter de manière urgente la politique du logement de notre pays, retrouver une ambition pour la jeunesse, garantir la démocratie et les libertés publiques, et mettre le numérique au service de la cohésion sociale.