Projet de loi "climat et résilience", trop peu face aux enjeux 

Depuis maintenant deux ans, des marches pour le climat sont organisées très régulièrement sur l’ensemble du territoire national. Portées par la jeunesse de notre pays, des centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues avec un mot d’ordre commun : se battre pour préserver notre planète.

Ainsi, le 28 mars, répondant à l’appel de 650 organisations et aux côtés de l’ensemble des partis de gauche plus de cent mille personnes ont marché à travers la France pour exiger une vraie loi climat.

C’est dans ce contexte que le projet de Loi “Climat et Résilience” a été débattu et voté en première lecture à l’Assemblée nationale. Ce projet de Loi, supposé être issu des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat, n’en reprend en pratique que 10%. Encore une fois, le gouvernement et la majorité trahissent la confiance des français. L'Assemblée nationale fait office de chambre d’enregistrement, les amendements de l'opposition sont déclarés irrecevables les uns après les autres sans justification.

L’exemple du logement est significatif. Alors que 4,8 millions de logements en France sont considérés comme passoires thermiques, représentant un coût social et écologique particulièrement élevé, le gouvernement fait dans la demi-mesure. Il propose une interdiction de location des habitations classées F et G dans le diagnostic de performance énergétique. Une initiative qui aurait pu se révéler intéressante : toutefois, elle ne prendra effet qu’à partir de 2028, avec trop peu d’aides supplémentaires consacrées à  la rénovation, et associée à une réforme du classement ! Une annonce de façade donc, qui est loin de lutter de manière efficace contre le fléau des logements indécents…

Dans nos villes, il s’agit d’un sujet primordial. Le droit d’accéder à un logement décent, respectueux de l’environnement, doit être accessible à tous. Alors que l’habitat creuse souvent un fossé entre les plus aisés et les plus modestes, il s’agit pour les élus socialistes d’un combat qui marque notre ADN.  

Ce projet de loi édulcoré ne permet pas de répondre à l’urgence climatique. La transition écologique ne peut plus attendre. Nous appelons, dans la poursuite de l'étude du texte au Sénat, à la mise au vote d’une “Vraie Loi climat”, en adéquation avec les propositions de la convention citoyenne, qui pourra réellement lutter contre le réchauffement climatique et pour la préservation de notre écosystème.