Parole de Maire : François Cuillandre

Votre nouveau mandat a débuté il y a quelques mois. Comment la crise sanitaire impacte-t-elle votre travail au quotidien, ainsi que celui de votre équipe municipale ?

La crise sanitaire a bousculé le quotidien de toutes et tous, y compris des élus. Nous avions fait le choix de renouveler une large part de notre équipe aux dernières élections : beaucoup de nouveaux élus ont donc débuté leur mandat en juillet dernier dans ces conditions inédites. Immédiatement, toute l’équipe municipale s’est mise au travail, en nous appuyant sur notre engagement et notre mobilisation dès début 2020 face à cette crise, avec une double approche : solidarité et ambition. Cela explique, je crois, notre efficacité aujourd’hui. Les temps d’échanges au sein de notre majorité sont maintenus, même si nous adoptons pour ce faire des réunions à distance. Chaque semaine, nous nous réunissons au sein d’une cellule de crise chargée d’acter les orientations souvent contradictoires prises par l’Etat dans le cadre de la Covid-19, d’identifier les difficultés de nos concitoyens et des acteurs du territoire, et d’y apporter des réponses concrètes. Nos assemblées de la Ville de Brest et de Brest métropole délibèrent exceptionnellement au Quartz, notre théâtre « scène nationale », dans un vaste espace prévu à cet effet, de manière à respecter tous les gestes barrières.


Vous avez, durant deux dimanches consécutifs, rendu les transports en commun gratuits afin de venir en aide aux commerçants. C’est une mesure dont on parle de plus en plus. Que pensez-vous de sa généralisation ?

C’est une mesure exceptionnelle que j’assume pleinement. Nous étions dans un contexte inédit qui appelait et qui appelle toujours des réponses tout aussi inédites. Notre ville et notre métropole a choisi de faire des efforts conséquents pour aider notre commerce local : mise en place de plateforme numérique pour commander des articles ou des chèques cadeaux financés en partie par la collectivité... Mais le transport « gratuit », je considère que cela n’existe pas car il y a toujours quelqu’un qui doit, en bout de course, contribuer à son financement ! Même si cela ne suffit pas, l’apport des usagers doit perdurer, en appliquant d’ailleurs des tarifs sociaux. Je crois que notre territoire doit également investir dans de nouvelles structures de transports en commun et nous le ferons pendant ce mandat : nouvelle ligne de tramway et de Bus à Haut Niveau de service (BHNS), pôles d’échange multimodaux. Notre priorité est de rendre ce service public le plus pratique et le plus proche possible des Brestoises et des Brestois : c’est un engagement fort pour nos quartiers, et pour la lutte contre le réchauffement climatique.



Que pensez-vous de la gestion de la crise opéré par le gouvernement ? Les collectivités territoriales sont-elles suffisamment écoutées / associées au processus décisionnel ?

Notre rôle de représentant d’une collectivité territoriale est de travailler localement en bonne intelligence avec l’Etat, afin de trouver ensemble chaque jour les solutions aux problèmes immenses posés par cette crise sanitaire. C’est ce que nous faisons à Brest. Je suis très respectueux des prérogatives de chacun : lorsqu’une crise est nationale (et même mondiale dans le cas présent), alors il me semble juste que sa gestion en revienne à l’Etat.

Pourtant, si l’Etat décide de la marche à suivre, il doit donc en assumer les conséquences : ce n’est pas aux collectivités de faire son travail : cela amènerait des ruptures d’égalité sur le territoire. D’autre part, nous avons constaté comme tous les citoyens les hésitations, parfois les errements du gouvernement, notamment en termes de communication. Demain, nous aurons à faire collectivement l’inventaire précis des décisions prises pendant cette crise par le gouvernement, sans aveuglement et en toute franchise.



Les Brestoises et les Brestois vous ont accordé leur confiance pour la quatrième fois consécutive, vous êtes Maire de Brest et Président de Brest Métropole depuis 2001. Selon vous, quelles sont les raisons de votre longévité ?

Je crois que le succès de la gauche à Brest depuis 1989 vient avant tout des conséquences de nos résultats et des politiques que nous avons menées depuis. Des investissements énormes ont été réalisés (les ports, le tramway, la rénovation urbaine de quartiers emblématiques, les Ateliers des Capucins, le renforcement des solidarités, le soutien à l’éducation, au sport, aux associations, la création ou la rénovation d’équipements culturels, l’accompagnement du commerce et à l’activité économique, ... etc). Brest a changé de visage, elle a aussi changé d’état d’esprit. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes, qu’elles soient brestoises ou extérieures à la ville, reconnaissent l’attractivité et le bon vivre au quotidien de notre ville. C’est également le cas dans la plupart des baromètres et classements nationaux qui mesurent l’attractivité des villes et métropoles.  Nous avons des atouts uniques, et nous continuerons de les sublimer. Nous avons des atouts uniques, et nous nous efforçons de les sublimer.

C’est une belle reconnaissance du travail accompli, et un sacré encouragement pour le futur. C’est pour cela que je suis confiant dans la capacité collective de Brest à sortir debout de cette crise mondiale. Et toute notre équipe y est mobilisée .



Lors de vos précédents mandats beaucoup d'infrastructures ont été mises en place, comme le tramway ou le téléphérique par exemple. Quelles nouveautés verront le jour à Brest durant les 5 prochaines années ?

Malgré la crise, nous sommes très ambitieux pour le futur de notre ville, pour le renforcement des solidarités. Nous avons montré notre capacité d’innovation, et nous ne nous arrêterons pas en chemin. D’abord, une nouvelle ligne trawmay, et de BHNS que j’évoquais et qui devraient voir le jour en 2026 : c’est un investissement immense, et cela va encore faire évoluer le visage de notre ville. Des projets de rénovations urbaines d’envergure sont programmés pour plusieurs quartiers de la ville. Des projets structurants donc, mais aussi et peut-être surtout, une attention au quotidien des Brestoises et des Brestois : rénovation énergétique des logements, de nos écoles publiques, éducation et alimentation des enfants, soutien au monde de la culture, lutte contre toutes les discriminations, développement de la nature en ville, extension des tarifs sociaux... Les projets ne manquent pas. Nos priorités sont claires : proximité, solidarités, transition écologique et dynamisme local. C’est le contrat que nous avons passé avec les habitants en juin dernier, nous nous y tiendrons.