Parole de Maire : Alain Anziani, Président de Bordeaux Métropole

Le développement économique de Bordeaux Métropole et l’enjeu environnemental font partie de vos principales priorités. De quelle manière ces deux objectifs peuvent-ils être conciliés à travers votre action ?

L’enjeu est de montrer que le développement qui reste indispensable doit s’accompagner d’une transition écologique, mais que cette dernière ne se réalisera pas sans innovation technologique. Le monde industriel a bien compris que son avenir passe par de nouveaux process, plus économe en énergie comme en matière première, soucieuse de recycler les déchets et même de les transformer en source d’énergie. Les prochaines décennies seront celles de l’avion à hydrogène ou des drones, alliés de la biodiversité et de la nature. Notre action, complémentaire de celle de la région, doit accompagner les entreprises dans cette évolution majeure.


La crise sanitaire a engendré une montée des inégalités et de la pauvreté sur l’ensemble du territoire national. En tant que Président de Bordeaux Métropole, par quelles mesures répondez vous à ces problématique ?

Comme toutes les métropoles, nous avons apporté des aides à nos commerces et à nos entreprises pour éviter un effondrement destructeur d’emplois et créateur de pauvreté. En particulier, la prise en charge d’une partie des loyers a rencontré un grand écho. Bien entendu, nous avons aussi soutenu nos associations. Dès le début du premier confinement, nous avons aussi aidé directement les familles les plus pauvres grâce à une aide alimentaire.  

 
Votre élection à la tête de la Métropole, suite à votre alliance avec le maire écologiste de Bordeaux marque la fin d’une cogestion entre la droite et la gauche qui dure depuis les années 1970. Les élus d'opposition de la droite et du centre contestent votre choix en arguant une volonté d'exclusion de votre part et une trop grande influence du maire de Bordeaux. Qu’avez vous à leur répondre ?

Le basculement de Bordeaux a été déterminant dans les choix. Bordeaux Métropole ne pouvait raisonnablement exister sans Bordeaux. Ensuite, l’alliance de la gauche était naturelle. Elle poursuivait celle actée dans la plupart des villes de la métropole. Ceci rappelé, je prends soin, dans une intercommunalité, à n’exclure aucune commune. Chacune a les mêmes droits. La conférence des maires est là aussi pour permettre un échange sur tous les grands dossiers avant la prise de décision du conseil de la métropole.


Les mobilités de la métropole bordelaise sont l’un des grands défis de votre mandat. De nombreux projets sont en train de voir le jour ou sont en discussion (RER métropolitain, nouvelles lignes d’autocar, téléphérique…). Pouvez- vous faire le point sur la situation actuelle, l'avenir et votre vision des mobilités au sein de Bordeaux Métropole ?

La métropole bordelaise est l’une des trois plus congestionnées de France. Entrer dans l’agglomération devient aussi un grand défi pour les habitants des territoires avoisinants. Il nous faut donc combiner tous les modes de transport : RER Métropolitain, Bus à Haut Niveau de Service, Car Express, réseau de tramway qui est le plus étendu de France, navettes fluviales, téléphérique à l’étude mais aussi le développement des modes actifs : plan Marche, Vélo et une amélioration de nos grands axes routiers. Nous avons également entamé depuis six mois un dialogue avec les territoires voisins pour les associer à cette nouvelle stratégie des mobilités de la métropole bordelaise.