Martine Filleul, Sénatrice du Nord engagée pour la jeunesse

FNESR : Vous avez soutenu la marche pour une vraie Loi Climat. Quel est votre avis sur le projet de loi à l’heure actuelle ?

Martine Filleul : J’attends beaucoup des discussions qui vont se dérouler à l'Assemblée nationale et au Sénat. J’espère que ces discussions contribueront grandement à améliorer ce texte. A l’heure actuelle, le projet de loi tel qu’il est a été présenté par le gouvernement, n’est absolument pas satisfaisant. Trop de domaines sont absents du projet et le rythme proposé ne permettra pas d’aboutir à des mesures répondant concrètement à la problématique du réchauffement climatique.

Il y a une vingtaine d’années, on pouvait considérer que l’opinion publique n’était pas sensibilisée à l’écologie. Ce n'est plus le cas aujourd’hui, la majorité des français sont sensibles à ces questions.

En tant que socialistes, nous devons concilier réponses aux problématiques écologiques et réponses aux problématiques sociales. L’écologie ne doit pas être pénalisante pour les plus modestes.


FNESR : Les marches pour le climat sont en grande partie impulsées par la jeunesse de notre pays, très souvent infantilisée par les politiques. Vous proposez au contraire via une proposition de loi déposée au sénat d ‘accorder le droit de vote dès 16 ans. Pouvez-vous développer votre point de vue à ce sujet ?

Martine Filleul : Actuellement, la détresse de la jeunesse est au cœur de l’agenda médiatique, notamment par la précarité étudiante et les problèmes de continuité pédagogiques liés à la crise sanitaire.

Nos groupes politiques, au Sénat et à l’Assemblée Nationale, ont beaucoup travaillé pour obtenir du gouvernement des aides d’urgence alimentaires et psychologiques.

Au-delà de ces messages essentiels, il faut adresser un autre signal à la jeunesse. Il faut lui prouver la volonté de la société de l’associer à la République. Ma proposition de loi va dans ce sens. Il s’agit de dire à toute forme de jeunesse : « Travaillez avec les élus ! Soyez citoyens ! Participez à la chose publique en votant ! » . C’est une demande de ralliement, de participation qui est adressée à la jeunesse au travers ce droit de vote à 16 ans.


FNESR : Vous êtes sénatrice du Nord, dans les Hauts de France. Région pour laquelle les socialistes, les insoumis, les écologistes et les communistes se sont rassemblés. Selon vous en quoi ce rassemblement est-il important et quelles doivent être les grandes lignes du projet porté par ce rassemblement ?

Martine Filleul : Le rassemblement de la gauche est la seule solution pour qu’un projet social écologique aboutisse dans les Hauts de France. Seul, personne ne peut espérer gagner. Nous avions une obligation de résultat et l’objectif est atteint : nous avons une liste de rassemblement. L’objectif est de battre Xavier Bertrand qui mène, sous des dehors consensuels et populaires, une politique de communication vide de projet. Le meilleur exemple est sa politique environnementale où il a été particulièrement communiquant, mais sans résultat. Nous devons donc construire une véritable politique de gauche dans cette région et pour cela, nous devions nous rassembler.

FNESR : En tant que sénatrice, vous portez la voix des élus locaux. Pensez-vous que le gouvernement a manqué de consultation des élus de terrains. Pensez-vous qu’il y a eu une stratégie trop centralisatrice ?

Martine Filleul : Il y a eu une gestion très centralisée de la crise et de la stratégie vaccinale. Nous aurions pu être plus rapides et plus réactifs si le gouvernement avait été davantage à l’écoute des élus locaux. J’en prends pour preuve la situation sur Dunkerque, ou le Maire et Président de l’agglomération avait dit, bien avant le gouvernement, qu’il fallait mettre en place des mesures strictes pour limiter la propagation du virus. En raison du variant, Anglais, la région de Dunkerque a été l’une des premières et des plus brutalement touchées par la crise de la Covid. L’organisation de la santé a montré ses limites avec un centralisme exacerbé par la gestion autoritaire d’Emmanuel Macron et d’Olivier Véran. Ils ont manqué de réactivité quant aux décisions qu’ils n’ont pas su anticiper.


FNESR : Vous êtes très investie concernant le droit des femmes. Comment se matérialise votre engagement actuellement ?

Martine Filleul : Je suis, depuis 4 ans, membre de la délégation du Sénat au droit des femmes. Dans ce cadre, j’ai récemment travaillé sur le bilan de la loi Copé Zimmermann qui a été élargie par Najat Vallaud Belkacem. Cette loi a été la preuve que la France pouvait être leader dans l’affirmation de la présence des femmes au sein des entreprises. Mais beaucoup de choses restent à faire notamment en termes d’égalité salariale, et surtout de valorisation des femmes, qui, pendant cette crise sanitaire, sont encore en première ligne. Je pense par exemple aux hôtesses de caisses, aux auxiliaires de vie, aux aides soignantes, aux femmes de ménage. Nous devons rendre justice à ces femmes qui, en plus d’être mal payées, travaillent à temps partiels. Notre société doit prendre conscience qu’elles sont indispensables !