Les maires face au défi d’une rentrée scolaire au contexte sanitaire incertain

Les maires et leurs équipes municipales ont dû faire face aux angoisses accompagnant cette rentrée scolaire, avec la reprise de l’épidémie du Covid-19, pour que tous les écoliers, collégiens et lycéens soient accueillis dans les conditions sanitaires adéquates.

Les élu(e)s se sont donc retrouvés en première ligne, avec les équipes éducatives, pour assurer le respect de toutes les consignes et précautions sanitaires fixées par les autorités nationales, bien que le risque de transmission existe rarement d’enfant à enfant ou d’enfant à adulte.

Mais ces dernières semaines, les contradictions se sont accumulées : si la gestion de la crise sanitaire génère chaque jour davantage de doutes, d’anxiété et de sentiment d’improvisation, le décalage entre le durcissement des mesures dans tous les secteurs de la vie quotidienne contraste terriblement avec l’absence flagrante de mesures concernant les établissements scolaires, comme si le virus s’arrêtait à la porte des écoles.

Comment en effet expliquer l’interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes quand dans le même temps les effectifs de classes peuvent s’élever jusqu’à 35 élèves en lycée ?

Comment décider la limitation du nombre de clients et la fermeture des bars, restaurants après 22 heures, lieux considérés comme à haut risque de contamination, quand par ailleurs les cantines scolaires accueillent chaque jour des centaines d’élèves sans masque pour s’alimenter ?

Au moment où Santé Publique France indique que la première source de clusters en cours d’investigation se trouve à l’école et dans les campus ; au moment où le ministre de la Santé déclare dans tous les médias que la situation se dégrade rapidement ; au moment où le Premier Ministre lui-même rappelle que le virus circule d’autant plus dans les lieux confinés, les élu ;e ;s locaux se retrouvent à devoir gérer le flou entretenu par l’actuel gouvernement qui ne cesse de communiquer sur une pseudo-diminution des cas positifs dans les écoles quand dans la réalité de la vie quotidienne des écoles les choses sont bien différentes.

S’il faut bien évidemment que le maximum d’élèves fréquente l’école, pour autant la communauté éducative attend à juste titre une gestion autre que celle qui consiste à vider de son contenu le protocole pour ne pas avoir à fermer de classes.

La priorité des élu(e)s socialistes et républicains est bien de garantir une continuité du service public d’enseignement mais pour cela des conditions sont requises, conditions qui à ce jour sont loin d’être toutes réunies : des masques efficaces et un dispositif de tests pour tous les personnels et enseignants ; des recrutements pour réduire les effectifs par classe , une méthode claire et lisible quant à la chaîne de décisions et d’informations, chaîne aujourd’hui considérablement floue et déstabilisante pour toute la communauté éducative. Les  moyens doivent être accordés pour permettre à la fois une protection sanitaire maximum et à la fois le plus de continuité scolaire possible.

Enfin, durant la période de confinement, et postérieurement, force est de constater que les inégalités scolaires sont en effet devenues de plus en plus visibles. Les familles n’ont pu faire face à la crise de la même manière, ce qui a eu pour conséquence de creuser les inégalités entre les élèves.

Un grand nombre d’entre eux se sont retrouvés démunis face au manque d’accompagnement, de moyens matériels et numériques, ou encore d’espaces de travail.

C’est pourquoi, au-delà de la gestion de la crise sanitaire dans les écoles et dans ce contexte, qui reste marqué du sceau de l’instabilité et d’une crainte permanente d’une nouvelle vague épidémique qui n’épargne pas l’école, deux axes apparaissent essentiels pour réussir la rentrée et au-delà, l’année scolaire à venir : aider les familles et les élèves en difficulté et donner à l’école les moyens de réussir sa mission.

C’est bien sûr le rôle des élu.e.s, mais c’est aussi le rôle de l’Etat qui, à plus d’un titre, doit s’impliquer dans ce qui fonde notre engagement au quotidien : le droit à la réussite pour tous nos jeunes.

Yannick TRIGANCE

Yannick Trigance, Conseiller Régional d'Île-de-France, délégué FNESR Éducation