L'Édito de François Rebsamen

Chères et chers ami(e)s

Le 10 mai prochain nous devrions fêter les 40 ans de la victoire de François Mitterrand, premier président de gauche de la Vème République.  

Personne n’aurait imaginé un jour devoir utiliser le conditionnel en pareille circonstance. Nous en connaissons tous les raisons. La crise sanitaire nous contraint. La repentance permanente nous affaiblit. L’amnésie nous guette et avec elle une forme de cécité pour l’avenir. Un poison lent se diffuse : la gauche n’aurait donc rien fait au cours du demi-siècle écoulé ? Les défis actuels n’auraient rien à voir avec l’obligation ardente de devoir à nouveau « changer la vie », nos vies ?

Le paradoxe est là sous nos yeux : le message de la gauche, qui est un message universel de justice, d’égalité des chances, de paix et de solidarité n’a jamais été aussi puissant et nécessaire. Ne devons-nous pas collectivement inventer d’autres liens, envisager un autre rapport au monde et à la nature, oser d’autres façons de produire, de consommer, et sans doute aussi d’autres manières de gouverner ?

C’est la raison qui nous a conduit à vouloir fêter dignement le 10 mai 1981 : en assumant notre héritage, celui-là-même qui a permis à la gauche de gouverner et en gouvernant de changer la vie de millions de femmes et d’hommes. Et en se donnant ainsi une chance d’être entendus, d’être crédibles. Cette histoire n’est pas finie, elle va continuer de s’écrire.

Dans cette optique, deux dates clés sont prévues ;

Le 9 mai, se tiendra au Creusot l’anniversaire de l’élection de François Mitterrand. A cette occasion, des proches, des personnalités ayant travaillé à ses côtés et dans les différents gouvernements seront présentes, mais également des élus. Des tables rondes seront organisées, durant lesquelles les grandes avancées qui ont marqué sa présidence seront débattues. Social, économie, Europe, industrie… Nous reviendrons sur l’ensemble des sujets, pour en faire le bilan et voir de quelle manière elles ont façonné durablement notre société. Pour des raisons sanitaires, l’accès en présentiel sera strictement limité, mais l’ensemble des discussions seront retransmises en direct sur les réseaux sociaux.

Dans le même esprit, toujours le 9 mai, la mairie de Paris accueillera de 10h30 à 18h30 cinq panels où dialogueront des compagnons de route et des anciens ministres de François Mitterrand avec des acteurs de la vie politique, économique et sociale de notre pays. Quatre anciens premiers ministres de gauche, Edith Cresson, Lionel Jospin, Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve, concluront cette journée de débats en nous disant comment s’exerce le pouvoir quand on est de gauche.

Un peu plus tard en soirée, nous terminerons notre journée à la Maison de la Poésie avec des lectures de textes de François Mitterrand, qui donneront à entendre la voix intime de l’homme d’Etat, au fil d’une écriture tissée de littérature avec des ruptures de ton et quelques surprises…

Le 10 mai, autour de la colonne de Juillet, l’épicentre de la fête de la Bastille du 10 mai 1981, s’ouvrira pour toute la durée du mois de mai une grande exposition sur les différentes étapes qui ont conduit à la victoire et permis des changements concrets dans la vie des Français dans tous les domaines.

En dépit des obstacles sur la route et d’un contexte très lourd, cet hommage, nous l’espérons, nous permettra de fêter dignement le 10 mai 1981, pour en assumer pleinement l’héritage, porter nos regards vers l’avenir et transmettre aux jeunes générations un message d’espoir.

Amicalement,

François Rebsamen

Président de la FNESR

Didier Le Bret

Au nom du Comité d’organisation des cérémonies du 10 mai 1981

Jack Lang, Hubert Védrine, Anne Lauvergeon, Mazarine Pingeot, Bernard Cazeneuve, Hélène Conway-Mouret, Pierre Favier, Gaëtan Gorce, Dorian Dreuil