L'Édito de François Rebsamen

Chers élus, chers amis,

Depuis le début de la crise sanitaire et sociale, le Président de la République et son gouvernement disent vouloir travailler en lien étroit avec les collectivités locales. Derrière les effets d’annonce, nous faisons face à une réalité toute autre : celle d’un pouvoir plus que jamais centralisé, qui dissimule sous une communication bien huilée une réelle méconnaissance de l’échelon local.

Alors que nous faisons face à l’incompréhension des citoyens sur des décisions politiques prises au coup à coup, le gouvernement nous présente un Projet de Loi de Finance censé apporter des moyens supplémentaires aux collectivités. Même si celui-ci stabilise la dotation globale de fonctionnement pour les communes, il demeure largement insuffisant et ne compense que faiblement les dépenses engagées par nos collectivités durant la crise sanitaire sans compter les pertes de recettes déjà estimées à 2 milliards pour les seules grandes villes de France. Nous disons « stop » à ce déni de réalité. Les discours doivent être suivis par des actes. Sans un soutien appuyé à l’engagement des collectivités, les moyens seront insuffisants pour répondre à la crise sanitaire, sociale, économique et à leur participation au plan de relance. Et bien que l’appui financier de l’Etat soit un impératif, il ne peut être notre seul espoir. L’autonomie fiscale des collectivités territoriales qui se réduit d’année en année, nous contraint et nous empêche d’agir plus efficacement en fonction des spécificités de nos territoires. Depuis le début de ce quinquennat, nous sommes considérés comme de simples exécutants, en total contradiction avec les grands principes qui fondent notre État. C’est pourquoi, nous demandons solennellement qu’un projet de loi de finances spécifique dédié aux collectivités soit étudié chaque année offrant aux élus locaux que nous sommes une meilleure visibilité particulièrement en cette période de crise.

Nous, élus locaux, Maires, Présidents de Régions ou de Départements, sommes confrontés au quotidien à la colère des commerçants, à la détresse des restaurateurs et des cafetiers et des libraires, à la fermeture parfois définitive de nos salles de spectacles. Face à cela, nous avons les pieds et poings liés. Là où nous devrions pouvoir étudier les demandes en fonction des situations locales, nous nous retrouvons réduits à appliquer de grandes stratégies nationales, déconnectées bien souvent de la réalité du terrain voir même pouvant atteindre nos libertés fondamentales.

Alors qu’aujourd’hui le gouvernement déploie son plan de relance, nous déplorons que les collectivités locales soient réduites à un second rôle, considérées comme supplétives d’un pouvoir central. A peine écoutés et presque jamais entendus, les élus locaux que nous représentons appelant à un sursaut. Nous demandons au Gouvernement de renouer un Pacte de Confiance, qui aille dans le sens de la démocratie et de l’histoire. Nous demandons à retrouver des moyens qui nous permettent d’agir. Nous demandons un nouvel acte de décentralisation.

François Rebsamen

Président de la FNESR