La culture entre incertitudes et défis à venir

La crise que nous traversons actuellement affecte avant tout les plus démunis et nous pousse à repenser notre modèle culturel.

La culture, qui représente 2,3% de l’économie, 100 milliards d’euros et 650 000 salariés, est une solution pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales. Depuis longtemps, elle n’est plus au cœur des projets politiques, malgré son intemporalité. La coopération entre les différentes collectivités territoriales est indispensable dans le domaine culturel.

Les inégalités d’accès à la culture, en fonction des territoires, demeurent aujourd’hui très fortes. Certains publics, comme les personnes en situation de handicap et les milieux populaires, sont encore trop éloignés de l’accès à la culture.

La culture permet de créer un esprit de solidarité, en irrigant l’ensemble des territoires, pour assurer la diffusion de projets artistiques et culturels.

La culture est une question de priorité politique, qui doit se retrouver à l’occasion de l’élaboration des budgets.

La couleur politique des collectivités territoriales influence beaucoup les crédits alloués à la culture.

Il est aujourd’hui difficile de mener des politiques culturelles quand les moyens nécessaires ne sont pas au rendez-vous.

Les élu(e)s socialistes et républicains mèneront une réflexion autour de projets de parcours culturels dès l’école, où les élèves pourraient construire leur propre accès à la culture et devenir ainsi des acteurs pleinement investis au sein de notre société.

Sur le terrain avec Léo Lachambre, Adjoint au Maire de Chenôve (21) en charge de la Culture

La crise sanitaire et sociale que nous traversons a des conséquences directes sur la culture.

Nous avons dû reprendre la programmation de notre saison culturelle en lien avec les sociétés de production et les artistes en proposant des dates de report des différentes représentations sur l’année 2021.

La salle de spectacle de Chenôve exploitée en régie, Le Cèdre, a une capacité d’accueil en temps normal de 1300 places. Aujourd’hui, en application d’un protocole sanitaire strict, nous ne pouvons accueillir que 292 personnes.

Ce protocole est également contraignant pour les activités du conservatoire pour lesquelles près de 500 élèves se trouvent pénalisés puisqu’ils ne peuvent pas répéter dans des conditions optimales malgré notre volonté de pouvoir les accueillir au mieux.

Et il y a aussi l’ensemble des associations de la ville qui se retrouvent dans l’incapacité de se retrouver, d’organiser leurs événements et ainsi de partager avec le public leurs créations.

Enfin , derrières les spectacles et les représentations annulées, il y a des femmes et des hommes. Ces artistes et techniciens du spectacle se retrouvent dans une grande précarité. Il y a ceux qui limitent la casse, pour le moment, par les mécanismes sociaux du statut d’intermittent du spectacle et il y a tous les autres. Tous ceux qui ne rentrent pas dans les cases, qui n’ont pas rempli le bon nombre d’heures ou qui sont sortis du système.

Soyons solidaires avec toutes celles et tous ceux qui se battent pour retrouver, à la sortie de cette crise, un monde culturel qui ne soit pas dévasté.

Sur le terrain avec Agnès Sinsoulier-Bigot, VP de la Région Centre Val de Loire déléguée à la Culture

La crise sanitaire a frappé de plein fouet le domaine culturel : spectacles reportés, festivals annulés, chantiers de restauration au ralenti, etc. Des secteurs comme les musiques actuelles sont aujourd’hui dans une profonde incertitude, personne ne sachant quand les concerts debout pourront à nouveau reprendre.

Dès le début du confinement, notre Région a été présente auprès des structures culturelles. A la fois pour relayer de l’information, interpeller l’Etat mais aussi pour apporter une aide financière concrète.

Dès la première semaine du confinement, un courrier du Président François Bonneau est venu apporter des éléments clairs : versement rapide des soldes de subvention 2019, mise en place du dispositif CARe (Contrat d’Apport Associatif Rebond) et création d’un fonds de soutien d’un million d’euros.

Depuis, constatant que la crise prenait un tour pérenne, nous avons renforcé notre aide sur des secteurs spécifiques : 100 000 euros pour une commande publique dans les arts visuels, 100 000 euros pour l’organisation de résidences, 150 000 euros en faveur des métiers du patrimoine.

Face à une crise qui s’installe, la volonté de la Région est aujourd’hui d’entamer une réflexion en faveur de nouvelles formes permettant aux artistes de réinventer leurs pratiques. Nous pouvons également nous interroger sur la tendance au « toujours plus » brutalement interrompu, aux effets délétères d’un point de vue écologique. Crise, en chinois, regroupe les notions de danger et d’opportunité. Alors que la pandémie s’installe, profitons-en pour mesurer nos pratiques culturelles à l’aune des défis environnementaux.