Des distributeurs de protections périodiques gratuites pour toutes à Nantes

C’est un sujet de solidarité, de santé publique mais aussi de justice sociale. De nombreuses initiatives fleurissent aux quatre coins de la France ces dernières années pour lutter contre la précarité menstruelle qui touche environ 2 millions de femmes dans notre pays notamment dans les facultés et à destination des personnes précaires ou à la rue. Mais ces dernières sont généralement limitées dans leur portée et d'initiative privée ou associative.

La ville de Nantes veut aller plus loin en devenant la première collectivité à offrir un accès facile et universel aux protections périodiques. Cette initiative concernera en effet « toute personne menstruée, quel que soit son âge, sa situation ou la raison (dépannage, etc.), elle pourra se procurer des protections périodiques à moins de quinze minutes du lieu où elle se trouve » précise la mairie.

La délibération a été adoptée à l’unanimité le 15 octobre dernier par le conseil municipal. Les élus ont voulu sur ce sujet faire de Nantes la première ville non sexiste de France.

“Ça coûte aux femmes, ça peut être un vrai sujet d'inégalité sociale, avec des femmes obligées de rester chez elle si elles n'ont pas les moyens d'avoir des protections adaptées pour sortir”, explique Mahaut Berthu, adjointe à la maire PS Johanna Rolland, déléguée à l’égalité et à la ville non sexiste. Il s’agit également de faire évoluer les mentalités : “la question des règles, est loin d'être anecdotique. Aujourd'hui, on ne parle pas des règles, on les montre avec du sang bleu... Nous, on considère que c'est un phénomène naturel qui concerne une personne sur deux ! C'est un vrai sujet de société.”

Les habitants de Nantes auront ainsi accès à des distributeurs automatiques de protections hygiéniques d'ici la fin de l'année dans les lieux de solidarité puis dans certains équipements publics comme les mairies de quartiers, des jardins, des piscines ou des lieux culturels.

Une première phase expérimentale est prévue pour se dérouler durant neuf mois, avec un budget de 75.000 euros. Le dispositif sera ensuite généralisé sur deux ans avec un maillage plus important du territoire municipal. Trois types de protections seront à disposition : serviettes, tampons avec et sans applicateur. Toutes ces protections seront 100 % coton biologique, non blanchies au chlore, sans plastique, ni substance chimique afin de limiter l’impact sur la santé et l’environnement.