Déconjugualisation de l’Allocation Adulte Handicapée

Le 17 juin 2021 était débattue, sous l’impulsion du groupe communiste à l'Assemblée Nationale, une proposition de loi visant à déconjugaliser l’Allocation Adulte Handicapé (AAH). Cette mesure, réclamée depuis longtemps par les associations, syndicats et militants, aurait permis aux bénéficiaires de l’AAH de ne pas voir leur allocation indexée sur les revenus de leur conjoint(e).

En l’état actuel, l’AAH maintient les personnes atteintes d’un handicap sous la dépendance financière de leur partenaire. Cela va à l’encontre des logiques d’émancipation, de justice et de lutte contre les discriminations que nous défendons

Alors que ce sujet n'est pas suffisamment pris en compte par la majorité LREM et le groupe MODEM, il s’inscrit dans une logique libérale globale dont les premières victimes sont les 18-25 ans. En effet, les bénéficiaires de l’AAH doivent avoir au minimum plus de 20 ans et nous savons le chômage et la précarité financière - exacerbés par la crise sanitaire - que cette tranche d’âge connaît. C’est en ce sens que cette même majorité a refusé, il y a quelques mois, la proposition de loi de Boris Vallaud et Hervé Saulignac “Aide Individuelle à l’émancipation” plaidant pour un minimum jeunesse dès 18 ans.

Cette situation se concrétise dans les faits chaque jour comme ce couple du Tarn contraint de divorcer pour survivre économiquement. En effet, William Renault percevait une allocation trop faible pour surmonter les difficultés économiques auxquelles le ménage était confronté. Cette séparation que le couple justifie ainsi « un divorce comme un acte de dignité » souligne autant l’échec d’une République à protéger les plus précaires qu’un gouvernement à piétiner et mépriser le travail parlementaire en optant pour la procédure de vote bloqué.