61 grandes villes de France sont aujourd’hui dirigées par des maires socialistes

Suite à des élections municipales particulièrement mouvementées, la « percée écologiste » tend à éclipser le bilan des autres formations de gauche. Pour autant, force est de constater que le Parti Socialiste en sort lui aussi renforcé. En effet, on ne compte pas moins de 61 grandes villes aujourd’hui dirigées par des maires socialistes.

Premièrement, il faut saluer la réussite d’une majorité de maires sortants élus dès le premier tour et de tous ceux qui se sont maintenus au second tour. En effet, un grand nombre de « bastions » ont été conservés. À Paris, Nantes ou Rennes, l’alliance avec les écologistes aura permis une victoire plus que confortable au terme de triangulaires. Même scénario à Rouen ou à Clermont-Ferrand, toutes deux remportées face à la droite.

Ainsi, de manière générale, la majorité des grandes villes dirigées par des socialistes ont vu leur confiance renouvelée par les électeurs. A Saint-Nazaire, Avignon, Dijon, Villeneuve d’Ascq, Le Mans, Brest, Villeurbanne, Créteil… le socialisme municipal s’est trouvé largement plébiscité.

Deuxièmement, ces élections municipales sont une réussite en termes de conquêtes. Des villes d’envergure ont été remportées pour la toute première fois par des socialistes. En effet, Mathieu Klein s’est imposé à Nancy, faisant de lui le tout premier maire de gauche jamais élu dans cette ville de plus de 100 000 habitants. Mathieu Hanotin a également remporté Saint-Denis, la dernière ville de plus de 100 000 habitants dirigée par le Parti Communiste Français. Pour cet ancien bastion communiste depuis 1920 (à l’exception de la période Doriot), cette victoire socialiste symbolise une immense conquête, comme celle de Bezons, dans le Val-d’Oise, ville communiste depuis 1924.

Aussi, certaines villes historiquement socialistes, mais perdues en 2014, ont été reprises. L’exemple phare de cette « reconquête » municipale est évidemment Montpellier, où Mickaël Delafosse s’est imposé malgré une triangulaire très incertaine. S’ajoutent également des villes moins peuplées, comme par exemple Bourges, Quimper, Morlaix, Millau ou Périgueux.

Troisièmement, dans les listes d’union victorieuses, mais dont la tête de liste était écologiste, les socialistes tirent leur épingle du jeu en obtenant un poids important dans les majorités. On peut citer Marseille, dont le premier adjoint n’est autre que Benoit Payan (PS), mais aussi Bordeaux, Tours,  et ainsi dans la grande majorité des villes dotées d’un maire issu d’EELV.

En somme, ces municipales sont « une très bonne opération pour les socialistes, avec un bien meilleur bilan qu’en 2014. L’armature territoriale socialiste est renforcée », comme l’analysait le politiste Rémi Lefebvre.