« La guerre des trois aura bien lieu », par Jean-Christophe Cambadélis

JCC

Les élections départementales de 2015 viennent de nous faire définitivement entrer dans le tripartisme.
 Le Front national poursuit son implantation territoriale, même s’il ne remporte aucun département et reste loin derrière les partis républicains en nombre d’élus. Le second tour a vu l’UMP-UDI l’emporter, mais sans “effet Sarkozy”.

Les candidats socialistes se sont battus avec un engagement sans faille que je tiens ici à saluer, emportant de belles victoires, défendant toujours vaillamment leur projet et un bon bilan trop souvent injustement sanctionné. Toutes et tous ont ma reconnaissance et mon amitié. Au final, le Parti socialiste voit son implantation départementale reculer nettement mais sans connaître la débâcle que certains pronostiquaient, voire espéraient.

Les leçons politiques de cette arithmétique sont limpides. L’UMP vient de remporter une victoire, grâce à une alliance avec le centre mais sur des idées et avec les renforts en voix de l’extrême droite. Cette jonction entre droite extrême et extrême droite constitue un danger redoutable pour notre pays.

Face à cette menace inédite, la Gauche n’a pas d’alternative que de faire le choix de l’union. En effet, dans le tripartisme, le risque de se voir éliminer électoralement et donc à terme politiquement est considérable.

Le premier tour des élections départementales a démontré sans ambiguïté que la désunion est le plus court chemin vers la défaite. Le second a montré que l’union de la Gauche est possible. Pour les prochaines échéances, à commencer par les régionales, cette union est indispensable, surtout là où le Front national menace.

Le Parti socialiste doit être le cœur et le moteur de cette union, son histoire et son poids l’y obligent. C’est ce que j’ai fait dès le lendemain du second tour en recevant nos amis d’EELV et, les jours suivants, nos amis du PRG, du PCF, du FD et les écologistes.

L’union, elle se construit aussi au sein du parti que je dirige. C’est pourquoi, dans le cadre du prochain congrès, je travaille au rassemblement le plus large possible. L’union doit se faire sur le fond et permettre d’orienter la fin du quinquennat. La ligne est claire : le cœur et le sens de notre action, c’est l’investissement. Investissement privé et investissement dans les collectivités locales.

Il faut à tout prix soutenir le contexte économique encourageant dans lequel les élections départementales se sont déroulées. Cette nouvelle donne est l’occasion de bâtir une France nouvelle. Pas une France qui regarde l’Autre comme une menace mais une France qui regarde l’avenir avec confiance. Pas une France divisée mais une France solide et solidaire. Une France unie.

Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste

Cet éditorial est extrait de la lettre de Communes de France n°206 du 31 mars 2015

Abonnez-vous à Communes de France