« La dernière ligne droite pour les départementales », par André Viola

André ViolaLa campagne pour les élections départementales entre dans sa dernière ligne droite et nous pouvons avoir l’impression que tout le monde se dresse contre la gauche gouvernementale. Sa critique est devenue le leitmotiv facile de tous ceux qui n’ont pas de programme.

Dans ce contexte, une abstention massive nous guette. 57 % de nos concitoyens ne se sentent pas concernés par les départementales. Malgré une forte présence sur le terrain, le constat est partout le même : lorsque tout va bien, les administrés ne disent rien et ne se sentent pas concernés. Alors que tous ceux qui sont contre, eux, veulent faire entendre leur voix, par un vote extrémiste. Un peu comme dans une enquête publique où les opposants à un projet sont toujours plus nombreux à se mobiliser que les adjuvants. De là provient le deuxième fléau qui nous guette : un score historiquement haut du FN découlant d’une faible participation de l’électorat.

Le discours médiatique ambiant contribue, qui plus est, au désintérêt pour les départementales, voire à la déculpabilisation des abstentionnistes, faisant comme si ces élections n’avaient pas d’enjeux. Pas d’enjeux parce que les compétences des départements seraient inconnues ? Faux. Même au cœur des débats parlementaires, nous connaissions 85 % des compétences conservées par les départements après la loi NOTRe. Et maintenant, après la première lecture à l’Assemblée nationale, nous en avons une vision encore plus juste.

Pas d’enjeux parce que les départements n’ont pas d’impact sur la société ? Encore faux. Le budget cumulé des départements est de 72 Mds € quand celui des régions est de 28 Mds €. Au cours de notre vie quotidienne, de la naissance au grand âge, du lever au coucher, le Département est présent à nos côtés : il construit et rénove les routes ; il bâtit et entretient les collèges ; il prend soin de nos personnes âgées, de celles en situation de handicap ou en recherche d’insertion ; il s’occupe de nos enfants, en situation sociale difficile mais aussi tous les nouveau-nés à travers la protection maternelle ; il participe à la vie de nos communes et intercommunalités en finançant des projets indispensables à leurs administrés ; il soutient les secteurs associatif, sportif, culturel et l’économie de proximité…

Dans ce contexte, l’objectif est simple : aller chercher les “nôtres”, ceux qui votent à gauche et ne se sentent pas mobilisés. Pour cela, une seule solution : être au contact des électeurs. Discuter, échanger, convaincre, porter un projet clair et ambitieux. Ainsi, nous ferons mentir les prévisions défaitistes et démontrerons que la gauche est présente dans les territoires, que les territoires ont besoin de la gauche !

André Viola, président du Conseil général de l’Aude, président du groupe de la majorité de gauche à l’ADF

Cet éditorial est extrait de la lettre de Communes de France n°203 du 9 mars 2015

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