Jean-Louis Cottigny

Elu - Jean-Louis Cottigny

Un martien à l’écoute

 

Comme on dit dans le Pas-de-Calais,« des comme lui, y en a pas beaucoup ». Lui-même ajoute : « Des fois, on me dit que je suis un martien ». Il s’en amuse.

Le  parcours  de  cet  homme  né  en 1950 ne laisse pas de surprendre.

Issu  du  monde  ouvrier  et  forain, Jean-Louis  Cottigny  a  commencé à  travailler  à  l’usine  dès  l’âge  de 20  ans.  Il  milite  à  la  CGT,  devient  l’un  des “patrons”  du  syndicalisme  métallurgiste du Pas-de-Calais. Ouvert vers les autres, ne ménageant jamais son temps, il a présidé le  conseil  des  prud’hommes  du  tribunal d’Arras de 1974 à 1992. Au syndicalisme, il a vite ajouté la carte de l’action politique.

 

Dans  les  jours  qui  suivent  la  défaite  à  la présidentielle  de  1974,  il  rejoint  le  PS.  Il entre bientôt au secrétariat fédéral du PS, chargé des entreprises, poste qu’il occupe jusqu’en 1990, année où il est aspiré par le national, avec les mêmes responsabilités. Entre-temps,  il  a  ajouté  une  nouvelle corde à son arc, devenu en 1989 maire de Beaurains, à côté d’Arras : « Une ville que personne ne jugeait prenable. J’y suis allé, je l’ai emporté dès le premier tour avec 68 % des voix ». Il abandonne cette fonction en 2004. En 1992, il entre au Conseil général, et occupe ce mandat depuis.

À la mairie comme au Conseil général, il s’est attaché  à  quelques  grands  dossiers,  et surtout à celui de l’accompagnement des défavorisés,  principalement  les  handicapés. Ainsi, à Beaurains, il a créé ce qu’il appelle une “maison de vie”. Ce qu’il aime ? « Recevoir les gens, les malheureux, les exclus… imaginer leur bonheur avec eux, puis  construire,  souvent  en  bousculant les habitudes. Mais surtout, en les écoutants, en parlant avec eux, pour connaître leurs besoins. On ne fait pas le bonheur des gens sans eux ».

 

Pour une Europe Sociale

 

Souhaitant agir dans un cadre plus large que le niveau national, il rejoint le Parlement européen en 1997 et a logiquement souhaité  s’occuper  des  questions  sociales. À la suite de son élection en 2004, il se  consacre  à  la  commission  parlementaire  de  l’emploi  et  des  affaires  sociales, dont il a été le vice-président. Depuis son retour en 2012 à Bruxelles, il est membre titulaire de la commission des budgets et membre suppléant de la commission de la pêche. Au sein du Parlement, il a acquis une solide réputation : « Je viens de nulle part, je n’ai pas de diplômes, mais j’ai ma connaissance de la vie, j’ai la force de mes convictions. Quand je prends un dossier en main, je vais jusqu’au bout. Je ne lâche rien. Jamais ». Sa grande ambition : « Faire en sorte que l’Europe ne soit pas qu’une coopération économique, développer son pilier social pour qu’il ait la même importance ».  Le  parlementaire,  aussi,  n’oublie pas  qu’il  a  été  un  travailleur  du  privé, secteur dont il connaît l’importance vitale.

Ainsi quand il multiplie les interventions et les actions pour que soit mise en place « une véritable politique industrielle européenne, pour lutter contre la perte du tissu industriel et des emplois ».

Ces dernières semaines, cet homme atypique a ajouté une nouvelle corde à son arc en publiant avec l’historien Denis Lefebvre un livre, Et si nous prenions en main notre avenir… L’Europe, sa construction, son devenir. Un ouvrage à quatre mains, double regard porté par l’historien et l’acteur  politique.  Jean-Louis  Cottigny  y  développe  ses actions  et  ses  priorités  pour l’Europe  qu’il  résume  ainsi : « Une ferme volonté pour réorienter le continent vers la  croissance,  l’emploi  et  la  solidarité ». Bref,  l’action  en  permanence,  un  démon qui l’a saisi dès l’âge de 20 ans.

Noël Delomel