Hommage à Jean-Claude Frécon

Elu exemplaire

L’annonce du décès brutal, le 10 décembre, du sénateur Jean-Claude Frécon à l’âge de 72 ans a suscité beaucoup d’émotion tant il était apprécié pour ses qualités humaines, sa convivialité et sa gentillesse

Originaire de Castellane, dans les Alpes de Haute-Provence, Jean-Claude Frécon s’est installé à Pouilly-les-Feurs (Loire) en 1966, d’abord comme instituteur avant de devenir directeur d’école. Dès 1971, il siège au conseil municipal. Il deviendra maire en 1983 et sera réélu sans interruption avant de laisser son écharpe de maire en 2006, tout en demeurant conseiller municipal.

Conseiller général du canton de Feurs de 1972 à 2002 et sénateur de la Loire depuis 2001, il défendait les territoires ruraux sans relâche. « Limoges, Chalons sur Saône, Avignon et combien d’autres lieux accueillirent autour de Jean-Claude Frécon les élus socialistes et républicains de la FNESR représentants des mondes ruraux de notre pays, se souvient Georges Labazée, sénateur des Pyrénées-Atlantiques, qui a œuvré à ses côtés, dès 1976, au sein du dynamique groupe de travail Communes rurales de la FNESR. Regards sur le passé, visions du futur… ce furent des centaines d’élus ruraux qui en se mobilisant, participèrent à la victoire de la gauche en 1981, et lancèrent les idées novatrices débouchant sur la création des communautés de communes (loi Joxe) », poursuit Georges Labazée.

Défenseur du territoire

« Jean-Claude Frécon était un militant socialiste fidèle, infatigable qui n’a jamais manqué à sa famille politique depuis le congrès de refondation d’Epinay en 1971. C’était un élu local et national exemplaire qui aura toujours mis au premier plan l’intérêt général », souligne Régis Juanico, député et 1er secrétaire fédéral de la Loire qui rappelle que le matin même de sa disparition, Jean-Claude Frécon « était présent parmi les siens à la convention fédérale du PS qui se tenait à St-Chamond, annonçant avec sa passion coutumière aux militants le programme des trente réunions qu’il comptait tenir dans le cadre des élections sénatoriales pour passer le témoin ». « Son profond attachement à la démocratie communale, sa chaleur humaine et sa convivialité légendaires ont fait de Jean-Claude Frécon, un élu apprécié de tous, bien au-delà des clivages politiques », précise de son côté Maurice Vincent, Je n’oublierai pas son implication majeure dans les combats que nous avons menés ensemble et son attention amicale toute particulière lors de mon arrivée au Sénat. La Loire perd aujourd’hui l’un des plus ardents défenseurs de ses communes et de son territoire, la gauche un militant et un élu infatigable, et nous tous un ami chaleureux, irremplaçable ».

Du côté de la droite ligérienne, les témoignages de sympathie montrent que Jean-Claude Frécon était apprécié des élus de tous bords. « Si nous ne partagions pas tout sur le plan politique, nous savions nous retrouver et défendre ensemble les projets porteurs de développement et d’attractivité pour la Loire, ses habitants, ses entreprises », a réagi Yves Nicolin (LR) député-maire de Roanne. L’ancien président du Conseil départemental de la Loire rend « hommage à sa persévérance car je le connais depuis près de 40 ans je l’ai toujours vu défendre les communes avec un socialisme pragmatique ». L’ancien sénateur-maire de St-Etienne, Michel Thiollière, salue l’homme de terrain : « Il arpentait le département dont il connaissait chaque commune et chaque maire. Pédagogue, il savait expliquer les rouages de l’administration territoriale. Européen convaincu, il participait à de nombreux débats au sein des associations de communes au plan européen. Nous perdons avec lui un républicain engagé, resté modeste et proche de ses concitoyens ».

Membre du bureau de l’Association des maires de France de 1988 à 2006, il y a présidé la commission des Communes et territoires ruraux. Président de la Chambre des pouvoirs locaux du Conseil de l’Europe où il représentait l’AMF, Jean-Claude Frécon a été élu en 2014 président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe (CPLRE).

Brigitte Bossu

À titre personnel, qu’il me soit permis de saluer la gentillesse et la générosité de Jean-Claude Frécon avec qui j’ai eu le plaisir de travailler, aux côtés de Georges Labazée, au milieu des années 80 au sein de la FNESR.

Les équipes de Communes de France et de la FNESR adressent à sa famille et à ses proches leurs condoléances émues.

B. B.