Harlem Désir

Elu-HarlemDesirDe la voix des potes à la tête du parti socialiste

 

Confirmé par le Congrès de Toulouse, Harlem Désir devient le 10e Premier secrétaire du Parti socialiste depuis Epinay.

Né en 1959 d’un père directeur d’école  d’origine  martiniquaise et d’une mère puéricultrice d’origine  alsacienne,  Harlem Désir est titulaire d’une licence de  philosophie.  Député  européen  depuis 1999,  il  a  commencé  à  militer  avec  son “pote”  Julien  Dray,  au  sein  du  syndicat étudiant Unef-Id, puis au sein de l’association SOS Racisme, qu’il préside de 1984 à 1992.

 

Considéré  comme  le  porte-parole  d’une jeunesse  qui  rêve  d’une  France  Black- Blanc-Beur, il bénéficie d’une aura et d’une forte  médiatisation.  Pierre  Bergé,  soutien de SOS Racisme, dira de lui : « Harlem Désir est un des moments de la conscience humaine. Il est aussi un des moments de l’honneur de la France ». C’est la grande période de la Génération Mitterrand, à l’aune de  la  lutte  contre  le  Front  national,  avec pour  étendard  son  célèbre  slogan : « Touche pas à mon pote ».

Fort  de  sa  notoriété,  Harlem  Desir  ambitionne  de  se  lancer  en  politique.  Après avoir  tenté  de  créer  son  propre  parti,  le Mouvement, qui aura une existence éphémère,  il  adhère  à  Génération  écologie  en 1993,  et  se  présente  la  même  année  aux élections  législatives,  dans  la  11e circonscription  des  Yvelines.  Candidat  malheureux, il choisit ensuite de rejoindre le Parti socialiste.  Nouvelle  tentative  électorale  en 1997, cette fois-ci lors d’une législative partielle  à  Aulnay-sous-Bois  (Seine-St-Denis). Nouvel échec. Il faudra à Harlem Desir attendre encore deux années pour décrocher un premier mandat électoral. Il est élu député européen en 1999. Mandat confirmé en 2004 et 2009.

Lors du Congrès de Reims, il devient le numéro 2 du Parti socialiste, derrière Martine Aubry. Durant la campagne des primaires, de juin à octobre 2011, il sera premier secrétaire  du  PS  par  intérim.  Le  18 octobre 2012,  a  la  veille  du  Congrès  du  PS,  il  est élu par les militants avec plus de 72 % des voix premier secrétaire, face à Emmanuel Maurel,  qui  représente  l’aile  gauche.  Ce dernier, après l’avoir chaleureusement félicité, invite le Premier secrétaire à travailler pour « un Parti ancré à gauche, fier de ses valeurs. Un Parti libre, libre dans ses choix, fort et autonome ».

 

D’abord militant

 

À 52 ans, Harlem Désir est souvent décrit comme un “gros bosseur” dont la discrétion  lui  a  permis  de  gravir  les  échelons. Martine  Aubry,  lors  du  Congrès  du  Parti socialiste  à  Toulouse,  s’est  dit  fière  de  lui passer le flambeau : « Harlem est d’abord un militant, et pour moi quand je dis militant,  c’est  majeur.  C’est  l’essentiel.  Des convictions accrochées au cœur, lance  la maire  de  Lille. Pour les Français, Harlem c’est l’homme qui a commencé à parler de la lutte contre le racisme au moment où personne n’en parlait. Et je vous assure que ce combat, il va falloir le reprendre ».

Combat que le nouveau Premier secrétaire du  PS  s’est  empressé  de  reprendre  dans son discours de clôture du Congrès de Toulouse : « Notre détermination gêne nos adversaires. Eh bien, il faut qu’ils le sachent, oui, nous nous battrons pour l’application des 60 engagements du Président de la République […] Et je le dis, nous nous battrons avec  détermination,  nous  nous  battrons pour tout, même s’il nous faut convaincre encore et encore face à une droite qui ment encore et toujours ! ». Le Premier secrétaire, souvent  pugnace,  pose  les  banderilles  de son mandat à la tête du PS : « A tous ceux qui  prédisent  ou  qui  redoutent  un  parti de godillot, je dis : vous allez être surpris ! (…) Socialistes, ouvrez grandes les portes du Parti, occupez Solférino et invitez y les Français ! Prenez le pouvoir ! ».

Brigitte Bossu