L’élu de la semaine : Gildas Guguen

20632486_1254055L’art de concilier deux carrières

 

Conseiller régional des Pays de la Loire, Gildas Guguen est vice-président de la commission infrastructure transports et déplacements. Il est également élu municipal à Cholet, dans le Maine et Loire.

 

C’est très tôt que Gildas Guguen a attrapé le virus de la politique. Certes, c’est dans une famille gaulliste qu’il a grandi, mais toujours dans un climat républicain et démocrate. Chemin faisant, ce Breton d’origine se forge une opinion divergente. Son passage à l’université de Rennes en droit puis en sciences politiques lui a affiné sa conscience politique. La mise en place du RMI par le gouvernement Rocard le conforte dans sa vision d’une gauche sociale et fait de lui un sympathisant socialiste. Il pense se diriger vers le journalisme, avant d’effectuer son service militaire au service de presse de l’armée. Il y découvre la communication, ce sera sa voie. Elle est alors en pleine expansion dans les collectivités. Il commence par chargé de com’ à la mairie de Frontignan dans l’Hérault.

 

Lutte contre les extrèmes

 

La défaite de Lionel Jospin à la présidentielle de 2002 provoque un déclic. Il décide de ne plus se limiter à être un simple compagnon de route du PS, il prend sa carte. « Ce n’était pas possible que la gauche républicaine soit battue par l’extrême droite », précise-t-il avant d’ajouter que « le FN est l’ennemi de la République, c’est un parti anti-parlementaire et anti-Lumières. Je le combattrai, je le vomis ». S’engager pour lui, c’est agir. Cette action se fait d’abord dans “l’ombre”, cela lui permet de travailler de manière moins “corsetée”. Son arrivée à la section de Frontignan le rassure sur sa vision du parti politique. « Le PS n’est pas un parti monolithique, les différents courants peuvent s’exprimer. Je faisais parti du C6R d’Arnault Montebourg et j’étais franchement anti-frechiste », explique-t-il.

Gildas Guguen se félicite que le PS se soit lancé dans le processus “intelligent” des primaires. D’une part, il permet à tous les courants de s’exprimer et d’autre part, il est ouvert à tous, socialistes ou non. Gildas Guguen est un homme entier. Ses convictions mènent ses choix professionnels et personnels de front. Le mariage pour tous est devenu débat national et il a pris largement parti en sa faveur. Il y voit « une ouverture d’un droit. Ouvrir le mariage à tous les couples, ce n’est pas transformer ou affaiblir cette institution, c’est au contraire renforcer l’universalité de cet engagement. Pour le bien-être et la sécurité des enfants, il est indispensable de reconnaître aujourd’hui toute la diversité des formes de familles. La gauche sait faire progresser la société sur des sujets de fond ».

En 2004, il quitte l’Hérault pour les “dynamiques” Pays de la Loire, où il intègre le cabinet de Jacques Auxiette et le groupe socialiste. Il s’installe à Cholet et très vite s’investit au sein de la section pour en prendre la responsabilité. Tête de liste aux municipales de 2008, il est battu au premier tour : « J’y suis allé juste pour ne pas laisser un boulevard à la droite ». Une dynamique est lancée. « J’ai bon espoir pour les municipales de 2014, j’apporte tout mon soutien à Jean-Marc Vacher, tête de liste socialiste », précise Gildas Guguen, qui a quitté Cholet pour des raisons professionnelles. En 2010, il est élu conseiller régional sur la liste conduite par Jacques Auxiette, qui l’emporte.

Sa vie professionnelle le conduit à La Turballe, d’abord comme directeur du port, ensuite comme DGS, poste qu’il occupe toujours actuellement. Gildas Guguen insiste sur son obsession à cloisonner les deux pans de sa vie, bien que l’un nourrisse l’autre et inversement. Le plan personnel le mène à Nantes : « Je n’ai pour l’instant pas de place réservée sur une liste pour les prochaines municipales. Si on me demande d’y être, je suis bien sûr partant », conclut Gildas Guguen.

Julien Bossu