La FNESR jouera tout son rôle

 

François Rebsamen août 2016 La semaine dernière s’est tenu notre séminaire estival des élus socialistes et républicains dont j’avais souhaité qu’il soit maintenu, malgré les raisons qui ont poussé à l’annulation des Universités d’été du Parti socialiste. Un très beau moment de formation, d’échanges entre les élus et les ministres qui avaient accepté de répondre à notre invitation, au premier rang desquels le chef du gouvernement, Manuel Valls.

Ce sont des moments privilégiés et utiles dans un contexte charnière, marqué depuis 18 mois maintenant par les attaques terroristes qui ont ensanglanté notre pays et par les mesures qui ont dû être prises, au premier rang desquelles l’instauration de l’état d’urgence. Jour après jour, nous mesurons les conséquences politiques de cette stratégie de déstabilisation de notre Nation à laquelle se livre Daech. C’est notre capacité à vivre-ensemble qui est attaquée. C’est la solidité même de notre République, de nos institutions, qui est à l’épreuve. Au niveau national, comme au niveau local – car chacun sait combien les élus locaux sont en première ligne sur cette question du vivre-ensemble – nous mesurons cette difficulté qui consiste à protéger, à rassurer, dans le cadre de l’état de droit, sans se vautrer dans la plus honteuse des démagogies, comme l’ont fait droite extrême et extrême droite. C’est un sujet complexe, qui nous questionne chaque jour dans l’exercice de nos mandats et la vision du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, fut éclairante.

Mais si le contexte est particulier, c’est aussi bien sûr car il s’agit de la dernière rentrée de ce quinquennat avant les échéances de 2017. Dans les mois qui viennent, la FNESR jouera tout son rôle, en s’appuyant sur tous ses élus, qu’ils soient majoritaires ou minoritaires dans leurs collectivités.

Nous avons décidé de rédiger le Livre noir de la droite au pouvoir dans les collectivités françaises. Depuis deux ans et demi dans les villes qu’elle a remportées en 2014, depuis dix-huit mois dans les départements et neuf mois dans les régions, la droite a montré son vrai visage. Vous êtes nombreux, élus minoritaires de ces collectivités, à nous faire part de ce que vous observez : des politiques culturelles mises à terre, des budgets de communication qui explosent, un usage très aléatoire du Code des marchés publics, des pratiques politiques qu’on avait cru appartenir au passé : tels sont les constats que, partout, nous dressons. Ces pratiques, où l’autoritarisme le dispute à l’arbitraire, à l’instar de la gouvernance très particulière mise en place par Laurent Wauquiez, nous devons les dénoncer. Car non, la droite et la gauche, ce n’est pas la même chose, y compris dans nos pratiques politiques, dans les collectivités territoriales.

Tous les élus socialistes seront appelés à nourrir cet observatoire, qui conduira à la publication de ce Livre noir. Je compte sur vous !

François Rebsamen, président de la Maison des élus

272-273 édito