Finances des petites villes : la vigilance est de mise

L’Association des petites villes de France (APVF), présidée par le député de l’Ardèche Olivier Dussopt, et La Banque Postale ont la semaine dernière publié leur seconde étude “Regard financier sur les petites villes”. Cet état des lieux des finances, en 2014, des communes comprises entre 3 000 et 20 000 habitants (soit un peu plus de 3 000 villes), appelle plusieurs constats. La baisse des dotations enclenchée en 2014 (-1,5 milliard d’euros), et qui se poursuivra entre 2015 et 2017 (-11 milliards d’euros sur la période) est en train de reconfigurer les finances locales. L’investissement des petites villes a chuté de 16,3% en 2014 (-14% pour l’ensemble des villes), soit une baisse beaucoup plus élevée que celle habituellement liée aux élections municipales.

A ce sujet, les données relatives à la baisse de l’investissement local en 2014 continuent de diverger, et risquent à terme de susciter une vraie polémique. Lors du Comité des finances locales du 30 juin dernier, la direction du Budget (Bercy) a ainsi indiqué qu’elle estimait à 6% la baisse de l’investissement local en 2014, très loin des données estimées par l’INSEE, l’AMF ou encore La Banque Postale… La reconfiguration financière se poursuivra dans les prochaines années, selon l’étude de l’APVF, qui estime que l’épargne brute (ou autofinancement) des petites villes, après une baisse de 7% en 2014, devrait continuer de baisser d’environ 5,5% par an d’ici 2017. Ces données masquent par ailleurs d’importantes disparités, puisqu’un quart des petites villes pourraient connaître une réduction de leur autofinancement supérieure à 10% par an. Selon cette étude, « une stabilisation de l’investissement » est envisageable, mais «  pas un cycle de reprise classique pour une fin de mandat ».

 Romuald Sautier

Cette brève est extraite de la lettre de Communes de France n°219 du 6 juillet 2015

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