Eric Algrain

Elu - Eric Algrain

L’animation locale, un objectif Capitale

 

Adjoint au maire du 10e arrondissement parisien chargé de la démocratie participative, de la vie associative et du handicap, cet ingénieur chef d’entreprise canalise les énergies pour développer la vie civique de son arrondissement.

 

Dans le 10e arrondissement, un des plus populaires de la capitale, la démocratie participative a conquis son autonomie. Les conseils de quartier et les structures associées ne sont pas seulement des instances d’information à ’attention des habitants. Elles sont devenues de véritables forces de proposition. À l’origine de cette évolution, Éric Algrain. Cet ingénieur de 52 ans qui dirige une société d’édition a rejoint le PS en 2009 après un passage au Parti radical de gauche. Après quelques années passées à Lyon, il s’investit d’abord lors de son retour à Paris dans la création d’un journal pour les associations du quartier. Puis préside l’association qui gère les 4 centres d’animation du 10e. « Ce fut ma première expérience de démocratie participative, se souvient-il. D’abord, j’avais la possibilité de mettre en œuvre ma conception de la vie associative. De plus, l’association employait 50 personnes, fédérait 250 intervenants et recevait près de 9 000 usagers. C’était la pierre angulaire de l’animation locale ». Élu en 2008 au conseil municipal, le maire Rémi Féraud lui confie la délégation dont il s’occupe toujours aujourd’hui. « Il y a environ 500 associations dans l’arrondissement dont 350 inscrites à la Maison des associations. Le 10e est particulièrement dynamique dans ce domaine », constate-t-il avec plaisir. Lors de son entrée au conseil municipal, il lui a fallu structurer les activités dans son champ d’action. « L’ancien maire, Tony Dreyfus, avait gardé ses distances avec les domaines dont j’ai pris la responsabilité, la vie associative et encore plus, la démocratie participative. De ce fait, les conseils de quartier s’étaient constitués, mais ne jouaient pas un grand rôle dans la vie municipale ».

 

Spontanéité et écoute

 

« C’était pour moi du pain béni lorsque j’ai commencé à m’en occuper. Les 6 conseils vivaient de façon autonome. J’ai voulu conserver ce mode de fonctionnement, mais en leur offrant une véritable écoute de la part de l’institution municipale ». Éric Algrain assiste à chacune de leur réunion publique : « C’est le thermomètre de la vie locale. Plus, j’ai voulu qu’ils aient droit de cité en tant que force de proposition et droit de critique ». Quand les conseils de quartiers formulent des vœux, les élus les examinent mais sont désormais obligés d’échanger avec leurs représentants, grâce à l’introduction du droit de réplique, ce qui leur confère un rôle consultatif réel. Mais l’investissement d’Éric Algrain ne se limite pas là. Depuis son élection, il a multiplié les rencontres avec les associations. Avec une permanence tous les 15 jours, il reste en contact avec leurs attentes. Les assises de la démocratie locale du 10e, chaque année en février, sont une autre occasion de dialoguer. Il se félicite aussi de la vitalité des associations représentant les personnes handicapées. Quant au journal municipal local qu’il a initié, il tire maintenant à 60 000 exemplaires. « J’ai voulu assurer une mutualisation des moyens et de l’information dans le cadre de mes délégations », explique-t-il. Et demain ? « Mon action s’appuie sur le travail en équipe et la transmission, insiste- t-il. Même si je devais occuper d’autres responsabilités dans la prochaine mandature au Conseil de Paris, la suite serait assurée ».

Marc Viellard