Encadrement des loyers : Lille suit Paris

À partir du 1er février, les loyers seront encadrés dans la métropole lilloise. Cette annonce a été faite par Emmanuelle Cosse, ministre du Logement. Première ville hors Paris à mettre en place l’encadrement des loyers, Lille est la 3e ville la plus chère de France en termes de loyers. La ministre a salué les efforts engagés par la commune concernant le logement : « La cherté du loyer a une incidence négative sur l’économie de notre pays et l’encadrement des prix n’a pas bloqué le marché locatif à Paris ».

Concrètement, un logement sur sept serait promis à une baisse, ce qui représenterait environ 14 % des 55 000 logements privés de la métropole. « Ce sont essentiellement des petites surfaces », précise Audrey Linkenheld, députée du Nord et rapporteure de la loi Alur. La baisse des loyers devra être appliquée à chaque changement ou renouvellement de bail. Les prix ont été fixés après 18 mois d’observation du marché. En pratique, un site Internet permettant de tester la conformité d’un niveau de loyer est en ligne depuis le 16 décembre. Il est possible d’y constater le loyer maximum acceptable pour un logement, et si celui-ci est trop élevé, il sera raboté au prochain renouvellement de bail. La mise en place de cette pratique est la continuité de la politique menée par Martine Aubry, maire de Lille, qui souhaite une plus grande mixité dans sa ville et un retour des classes moyennes.

Le Conseil d’État a validé l’encadrement des loyers dans un arrêt rendu le 9 décembre. L’encadrement des loyers a été mis en place dans un premier temps dans l’agglomération parisienne, mais il a vocation à être étendu à l’ensemble du territoire. Le Conseil d’État a jugé que ce dispositif ne conduit pas « à fixer les loyers à un niveau sans rapport avec les prix du marché », coupant court aux groupements de propriétaires et à la Fédération nationale de l’immobilier, qui avait déposé un recours contre cette loi.

J. B.