Education nationale: des métiers exposés à la violence

De plus en plus, la vocation de l’enseignant est mise à mal par une violence qui se fait omniprésente. Le drame d’Albi, une professeur des écoles a été mortellement poignardée par une mère d’élève le dernier jour de classe, présente le cas le plus extrême de violence auxquels les professionnels de l’éducation sont confrontés. Ce drame intervient au lendemain de la sortie d’une étude de l’Insee, le 3 juillet, sur les violences en milieu scolaire. « Ce drame confirme la nécessité de lutter contre les violences dans et autour de l’école, de protéger l’école, les enseignants et les élèves », exprime Benoit Hamon. Depuis 2007, le ministère de l’Éducation nationale a mis en place l’enquête Sivis (Système d’information et de vigilance sur la sécurité scolaire) afin de recueillir des données sur la violence en milieu scolaire. L’enquête fait ressortir que les violences physiques contre les personnels de l’Éducation nationale (enseignants, conseillers et assistants d’éducation, chefs d’établissement) restent relativement rares.

L’Insee rapporte que chaque année, en moyenne, 12 % d’entre eux déclarent faire l’objet de menaces ou d’insultes. Cette proportion est deux fois plus élevée que chez l’ensemble des personnes occupant un emploi. Il y a aussi des disparités en fonction des cycles : les enseignants de collèges et de lycées sont pris à partie directement par les élèves alors que ceux de maternelles et de primaires le sont par des adultes. Les personnels les plus jeunes sont plus exposés (plus de 14 % des moins de 29 ans ont déjà subi des menaces ou des violences) alors qu’il y a peu de différence liée au genre. L’étude de l’Insee conclut que ces violences ont des conséquences sur la vie quotidienne et professionnelle avec une augmentation du stress, une perte de confiance en soi ou des troubles du sommeil.

Julien Bossu

Cette brève est extraite de la lettre des élus socialistes et républicains n°173-174

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