Editorial, par Olivier Faure

Donner de la force à la Gauche !

Un rappel et une vérité : dans la campagne des élections législatives qui s’ouvre, nous avons une chose à dire aux Français, une chose au moins : il n’y a pas de camp du progrès sans la gauche socialiste. Pas de progrès sans les socialistes. Le compte pénibilité ? C’est nous. La retraite à soixante ans pour les carrières longues ? C’est nous. Le tiers payant généralisé ? C’est nous. La complémentaire santé pour tous ? Nous encore. La priorité donnée à l’Éducation nationale et la refondation de l’école – qu’il faut poursuivre – Nous encore. Notre bilan de ces cinq dernières années porte la marque du progrès social. Comme portait la même marque du progrès les gouvernements de Lionel Jospin de 1997 à 2002 avec la création de la CMU, de l’APA. Les 35 heures également, que la droite a dénoncées pendant dix longues années sans jamais les remettre en cause. Les emplois jeunes, dont les emplois d’avenir ont pris le relais ces dernières années. Là encore, je pourrais continuer. Sous François Mitterrand : la suppression de la peine de mort, la libération des ondes, la cinquième semaine de congés payés, le RMI. Cette liste à la Prévert pourrait s’allonger davantage. Depuis le Front populaire, c’est toujours la gauche socialiste qui a permis au pays et à nos concitoyens d’engranger des progrès durables. Toujours. Et les acquis du Conseil National de la Résistance au lendemain de la guerre, sont issus pour une large part des idées de la gauche.

Modernes ou pas, jeunes ou moins jeunes, transgressifs ou non, les sociaux-libéraux adaptent la société au monde tel qu’il va, alors que ce qui guide les socialistes, c’est l’idée du monde tel qu’il devrait aller. Il y a des jonctions forcément. Il peut y avoir des accords temporaires. Mais nous sommes depuis l’origine dans la transformation sociale tandis que les sociaux-libéraux sont dans l’accommodement au réel. Partir du réel pour aller au pragmatisme ou partir du réel pour aller à l’idéal (Jaurès), c’est plus qu’une nuance : deux conceptions de l’action publique qui ne font pas de nous des ennemis irréductibles mais des concurrents. Nous reconnaissons le travail, l’effort et la réussite. Mais nous savons aussi qu’à côté des parcours enchantés il y a tous ceux qui ne franchissent pas les obstacles qui conduisent à la félicité.

Pour nous les socialistes, il n’y a pas de réelle efficacité de l’action publique sans justice sociale, pas de cohésion nationale et sociale possible si les inégalités s’accroissent. «Il ne saurait y avoir une France qui gagne si l’autre perd» disait François Mitterrand. Nous sommes comptables de cette ligne politique. Nous seuls.

Olivier Faure,
président du groupe socialiste,
écologiste et républicain
à l’Assemblée nationale