Éditorial, par Marion Canalès

marion-canales Apprentissage : après les efforts, 
les faits et les effets

Placé priorité numéro une du plan d’urgence du gouvernement contre le chômage, l’apprentissage avait déjà retrouvé quelques couleurs en 2015. Les TPE PME qui irriguent notre territoire ont joué le jeu et sont à la hauteur de l’enjeu, celui fondamental de l’avenir et de la jeunesse. Dopées par le nouveau régime d’aides aux entreprises décidées par le gouvernement, elles ont largement contribué à cette reprise et à la hausse de 5 % enregistrée pour cette rentrée 2016.

Les collectivités locales ne sont pas en reste. Les efforts qui leur ont été demandés se traduisent aujourd’hui dans les faits et ont bien produit leurs effets. La ville de Clermont-Ferrand, par exemple, et pour ne citer qu’elle a doublé pour 2017 son budget consacré à l’accueil d’apprentis dans ses services.

Beaucoup d’actions favorables aux apprentis ont pu être mises en œuvre : droits à la retraite, amélioration de la rémunération et des conditions d’accès à l’apprentissage, modernisation du cadre de recrutement des apprentis désormais mieux adapté aux réalités, mise en œuvre du parcours “Réussite apprentissage” à destination de 10 000 jeunes résidant prioritairement dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), ouverture de la fonction publique ou encore développement des aides à la mobilité internationale avec l’Erasmus professionnel et une meilleure reconnaissance des qualifications professionnelles entre les États membres de l’Union : voici quelques-unes des grandes avancées de ce quinquennat.

Nous devons, au niveau national comme local, encore et toujours poursuivre sans relâche cet effort en direction des apprentis et plus largement des jeunes. Au soir de sa vie, en 1994, le président Mitterrand disait d’Hubert Dubedout, “père” de la politique de la ville, et de Bertrand Schwartz, père des missions locales, qu’ils étaient « des pionniers, qui ont tracé des voies ; encore faut-il que ces voies soient maintenant non seulement explorées mais poursuivies et élargies par leurs successeurs. »

Les gouvernements et exécutifs locaux de gauche n’ont pas démérité dans la poursuite de cette ambition. Et le dernier quinquennat a mis la jeunesse en son cœur. En cette rentrée 2016, il est aussi important de rappeler qu’il y a aussi ce que les candidats à la primaire de droite déclarent pour demain et il y a ce que leurs représentants revenus récemment à la tête d’exécutifs locaux décident aujourd’hui.

En Auvergne Rhône Alpes par exemple, Laurent Wauquiez, qui déclarait en juin 2015 qu’il « déverrouillerait l’apprentissage », après à peine 200 jours de mandat, a décidé de supprimer les aides pour la mobilité professionnelle des jeunes. Belle illustration de son ambition pour la France. Il y a aussi ces nouveaux présidents de départements comme le Val-d’Oise, la Drôme ou l’Isère qui ont décidé de baisser les subventions aux missions locales dont l’efficacité en direction de l’insertion professionnelle des jeunes n’est pourtant plus à prouver.

En cette période pré-électorale, ces décisions locales contre-productives pour les jeunes ont finalement un avant-goût d’avertissement.

Marion Canalès, 
maire-adjointe de Clermont-Ferrand
,
secrétaire nationale du PS à l’apprentissage
,
trésorière adjointe de la FNESR

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