Editorial, par Jean Glavany

  Contre la radicalisation, affirmons les principes républicains

La déradicalisation est une entreprise imposée à notre société et à ses responsables politiques qui est d’autant plus difficile qu’elle est inédite et que nous n’avons pas beaucoup, voire pas du tout d’acquis de l’expérience en la matière…

Nous partons de rien ou presque et c’est rare dans le domaine des politiques publiques.

C’est pourquoi il importe de s’en tenir à quelques idées simples, fondées sur les valeurs républicaines et une méthode faite d’humilité, d’écoute et de pragmatisme :

– les valeurs républicaines : c’est l’occasion pour nous de rappeler avec obstination que la République laïque n’a jamais été et ne sera jamais un combat contre les religions puisqu’elle garantit le libre exercice des cultes, mais qu’elle est un combat contre les intégrismes religieux, tous les intégrismes religieux, parce que ceux-ci n’acceptent pas que les lois de la République s’imposent aux règles religieuses. C’est en cela que les lois de la République sont protectrices et émancipatrices quand l’intégrisme religieux et sa dérivée, la radicalisation, sont aliénateurs… la liberté par l’émancipation, contre l’aliénation par le dogme. Il faut continuer à marteler que non, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire, la laïcité ne favorise pas la radicalisation. L’affirmation ferme des principes républicains peut être, je le pense, une partie de la réponse contre la radicalisation et les fonctionnaires jouent un rôle essentiel dans cette affirmation, ils incarnent l’intérêt général.

– la méthode : l’humilité et le doute quand on défriche ce nouveau domaine de l’action publique. L’écoute aussi, notamment celle des familles qui sont les premières à repérer des comportements “erratiques” de leurs adolescents. La coopération étroite avec les services de police et de renseignement. C’est sans doute un domaine où nous avons encore des progrès à faire.

– Et puis la mémoire : comme élu de terrain, je suis frappé d’une chose constatée dans mes audiences lors de mes permanences. Les mots, les phrases, les constats faits par les familles venues me parler de la dérive radicale de leurs enfants sont exactement les mêmes que ceux que j’entendais il y a 20 ans chez les parents dont les enfants étaient victimes de dérives sectaires. Il y a sûrement à apprendre de cette expérience-là.

Jean Glavany,
député et conseiller départemental
des Hautes-Pyrénées