Editorial, par Irène Félix

Irène Félix 258 edito

Remobiliser nos concitoyens

Les élections municipales, départementales et régionales ont été cruelles dans beaucoup de collectivités. Cruelles pour les élus et les militants, bien sûr. Cruelles, de plus en plus, pour les territoires.

À un an de l’élection présidentielle, peut-être pouvons-nous malgré tout y puiser argument pour illustrer, pour nos concitoyens, combien la droite et la gauche diffèrent dans leurs valeurs, dans leurs priorités, dans leurs actions.

On le voit dans les départements, avec des programmes d’insertion sociale remis en cause quand ce n’est pas purement et simplement annulés. Avec le retour d’un discours culpabilisant envers les personnes en difficulté.

On le voit avec l’affaiblissement du service public de proximité: service public social négligé, sans considération pour une population fragile; services éducatifs rognés; maillage des centres de secours menacé; moyens restreints laissés aux collèges ou lycées: qui voudrait tuer son chien… et privatiser la restauration scolaire ne s’y prendrait pas autrement. On le voit avec la baisse des solidarités territoriales, l’abandon de la gratuité des transports scolaires et le dos tourné aux quartiers fragiles.

On le voit avec l’abandon des politiques de prévention. Des exemples? L’arrêt du pass contraception, les coupes sombres sur les budgets de la prévention spécialisée, le désengagement des politiques actives de lien social pour les aînés. On le voit avec des conditions de plus en plus difficiles faites aux associations: culture, sports, éducation populaire.

On le voit avec la persistance d’orientations profondément inégalitaires entre les femmes et les hommes: contenu des activités proposées aux adolescentes, désintérêt affiché pour l’insertion professionnelle des femmes… qui feraient mieux, c’est entendu, d’être au foyer. On le constate, parfois avec stupéfaction – c’est le cas dans le Cher –, avec le retour d’un catholicisme réactionnaire revendiqué, allant jusqu’à faire redire des messes dans une ancienne abbaye, propriété départementale et centre de rencontres culturelles.

On le voit aussi avec des hausses spectaculaires d’impôts locaux, en pleine contradiction avec les discours de campagne et l’autosatisfaction de la droite concernant ses prétendues capacités gestionnaires. Un tour des territoires alimenterait sans nul doute amplement cette rubrique. N’hésitons pas à le faire et, sur le terrain, au plus près des habitants, à le faire savoir. Comparant ces reculs aux acquis du présent quinquennat, nous y trouverons aussi argument pour remobiliser nos concitoyens.

Irène Félix,
secrétaire générale
de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains,
conseillère départementale du Cher
et municipale de Bourges