Editorial par François Rebsamen

 

François RebsamenMobiliser et rassembler

Une fois encore, le terrorisme a frappé. Une fois encore, des vies innocentes ont été fauchées. Paris, Ankara, Ouagadougou, Bamako, et désormais Bruxelles. Au nom du réseau des élus socialistes, j’ai une pensée pour les victimes, pour leurs proches, comme j’ai une pensée pour l’ensemble des services publics, services de secours et forces de l’ordre qui ont fait face au drame et à l’horreur, avec un total dévouement et une efficacité qu’il convient de souligner.

Tous les élus, dans tous nos territoires, sont aujourd’hui mobilisés pour prendre les mesures permettant d’assurer la sécurité de nos concitoyens. Mais au-delà, chacun s’interroge sur ce phénomène de radicalisation, cherchant à comprendre, pour mieux appréhender, anticiper et prévenir. Je souhaite porter cette réflexion au sein de nos instances, car ne nous y trompons pas, c’est un sujet majeur, qui s’impose à tous pour longtemps.

Lundi 14 mars, le bureau national du Parti socialiste m’a désigné président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR). C’est un honneur. Je veux saluer le travail mené par Pierre Cohen, durant quatre années, au service de notre réseau. Maire, président d’EPCI, je mesure l’extraordinaire travail réalisé par nos élus. Mais je mesure aussi quotidiennement les difficultés financières auxquelles ils sont confrontés. Ils prennent toute leur part dans l’effort nécessaire de désendettement de notre pays, mais cela implique des arbitrages difficiles pour équilibrer leur budget, sans pour autant appauvrir les services publics et tout en maintenant un niveau d’investissement substantiel, indispensable pour nos territoires et pour soutenir l’économie locale. Cet effort des collectivités, il faut en mesurer la portée, il faut dire et redire que les collectivités territoriales ont été lourdement mises à contribution et que les élus locaux, en mutualisant, en rationalisant, en interrogeant leurs pratiques, ont été à la hauteur de la situation. Mais cet effort doit être juste, et c’est tout l’enjeu de la réforme de la dotation globale de fonctionnement, actuellement à l’étude au Parlement. Une réflexion à laquelle j’entends que la FNESR apporte sa contribution.

Soulignons que, face aux 50 milliards d’euros d’économies auxquels nous aurons consenti, la droite, de son côté, a toujours jugé l’effort insuffisant. Ses propositions en matière d’économies sur la dépense publique, par les voix des principaux participants à la primaire, oscillent entre 100 et 150 milliards d’euros. Ainsi, François Fillon, en septembre 2015, proposait 110 milliards, Nicolas Sarkozy 140 milliards d’euros (en mars 2015 dans Le Figaro) puis 100 milliards (en septembre 2015 dans Les Echos), Hervé Mariton (en février 2014) fixait la barre à 130 milliards d’euros, quand Alain Juppé (en mars 2015) évoquait la somme de 150 milliards. Des décisions qui, durablement, impacteraient nos collectivités territoriales.

Notre réseau d’élus a été fragilisé par les échéances électorales de 2014 et 2015. Nous devons nous rassembler, nous mobiliser pour faire valoir nos succès, sur nos territoires. Et pour préparer les échéances de 2017. C’est le rôle des unions départementales, que j’aurai rapidement l’occasion de rencontrer.

 

François Rebsamen, président de la Maison des Élus