éditorial, par François Rebsamen

Continuons d’affirmer fidèlement notre idéal de justice sociale

Emmanuel Macron, avec 66,10 % des voix, a remporté l’élection présidentielle. Il sera donc le 8e Président de la Ve République.

Ce résultat est sans appel. Nous tenons à lui adresser nos sincères félicitations pour cette victoire.

Le succès d’Emmanuel Macron c’est celui de la République. Malgré le silence de nombreux responsables politiques, les rassemblements se sont multipliés pour dire non au FN et offrir le visage d’une France résistante et attachée aux valeurs républicaines.

Notre famille politique, la première, à l’image d’ailleurs de son candidat, s’est mobilisée, sur l’ensemble du territoire, pour faire reculer la parole raciste, xénophobe et homophobe. Lors d’un grand meeting national, organisé à Dijon en présence du Premier ministre, du Premier secrétaire du PS et de nombreux élus, la FNESR a contribué à dénoncer le programme dangereux de Marine Le Pen et a appelé à voter clairement pour Emmanuel Macron.

Même si le Président élu trouve en 2017 une France dans une bien meilleure situation économique et sociale que celle que la droite avait laissée en 2012, le score de l’extrême droite nous oblige.

En responsabilité, pour la France et les Français, pour l’Europe nous souhaitons la réussite du quinquennat.

Nous apportons nos forces, et toutes nos convictions, au travail de ces cinq prochaines années, pour que le redressement de notre pays se poursuive.

C’est tout l’enjeu des élections législatives, dont la campagne vient d’être lancée. Une plateforme programmatique (cf. pp. 6/7) d’une gauche constructive et vigilante a été approuvée par le bureau national du PS et a été présentée à nos candidats, réunis à la Mutualité mardi 9 mai. Ce programme réaffirme nos valeurs et nos convictions, il montre les points de convergence avec le programme d’Emmanuel Macron, mais aussi les lignes de divergence. Parce que nous sommes attachés au dialogue social, nous refusons une modification du code du travail qui se ferait sans concertation avec les partenaires sociaux. Parce que nous sommes attachés à la justice sociale, nous défendons le compte pénibilité, les droits de chacun à la retraite en prenant en compte les carrières longues. Parce que nous sommes attachés à nos services publics, à leur présence partout sur le territoire comme à leur efficacité, nous combattrons toute initiative qui pourrait les affaiblir, ou affaiblir nos collectivités.

La droite va tenter de prendre sa revanche, sur une élection présidentielle qu’elle a longtemps jugée imperdable. Elle rêve d’imposer à la France une cohabitation, pour appliquer le programme de casse de François Fillon, même si, pour l’occasion, elle affichera un programme retoiletté, et prétendument plus acceptable. L’extrême droite, forte de son score aux élections présidentielles, entend disposer d’un groupe puissant au Palais Bourbon.

Nous devons entrer dans cette campagne législative avec toute notre énergie et toute la force de nos convictions. Nous ne pouvons imaginer une Assemblée, dans laquelle le Parti socialiste serait groupusculaire. Les Français ont besoin que puisse être entendue la voix d’une gauche réformiste et de gouvernement. C’est ce à quoi nous nous consacrerons, durant les prochaines semaines.

François Rebsamen,
président de la Fédération nationale
des élus socialistes et Républicains