ÉDITORIAL, par Christophe Rouillon

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christophe rouillon édito  Après le Brexit, 
réenchantons l’Europe !

La campagne nationaliste aux accents xénophobes des partisans du Brexit a trompé les Britanniques. Notre camarade députée du Labour Jo Cox a payé de sa vie les discours de haine et de mensonge. David Cameron a organisé ce référendum politicien pour contrer le UKIP et ses opposants du parti conservateur. Il a joué avec l’Europe et il a mis en péril son propre pays.

Les pro-européens sont sonnés par l’onde de choc du choix des Anglais de quitter l’Union européenne. Pour autant, l’Europe est-elle unanimement contestée ? Non, pas en Écosse ni en Irlande du Nord où l’Union a été plébiscitée. Non, pas chez les jeunes générations qui rêvent toujours d’un avenir européen. Et les Anglais se dérobent déjà face aux conséquences de ce choix ! Est-ce un “No” de gauche qui rejette une Europe ultra-libérale ? Non, la principale motivation des apôtres du Brexit est le rejet de toute régulation financière et le refus de la politique de cohésion territoriale.

Quels enseignements en tirer ? D’abord dire du bien de l’Union européenne. Ce n’est pas la Commission qui décide mais les “politiques” au Conseil des ministres, au Parlement européen et in fine les parlements nationaux lors de la transposition des directives. Non, l’Europe ne légifère pas sur tout. Dans le respect du principe de subsidiarité, elle laisse les États et les collectivités locales intervenir lorsqu’une action locale est plus efficace. Oui, elle protège les épargnants avec l’Union bancaire ou encore elle facilite la mobilité en supprimant les frais de roaming. C’est trop facile de se servir de l’Europe comme d’un bouc émissaire ! Mobilisons face à ceux qui veulent détruire nos valeurs et les remparts institutionnels bâtis contre le nationalisme.

La devise de l’Europe n’est pas “I want my money back” mais “Unis dans la diversité”. Soyons porteurs d’un projet politique européen qui protège avec humanité ses frontières extérieures, qui soutient massivement l’investissement et la recherche, qui accélère la transition énergétique, qui consolide sa monnaie pour maintenir des taux d’intérêt bas, qui lutte contre la fraude fiscale, le crime organisé et le dumping social.

À l’occasion du Tour de France européen, que j’organise avec le Comité des régions, la Commission, l’AMF et Europe direct, je vous propose de reconnecter l’Europe avec ses citoyens lors des 7 prochaines étapes (sur 14) à Poligny (Jura), Bastia, Nancy, Cognac, Grande Synthe, Puget-Théniers (Alpes-Maritimes)… Réenchantons le rêve européen et construisons une Europe populaire, plus forte, plus compétitive dans la mondialisation, plus solidaire et plus ambitieuse.

Christophe Rouillon,
délégué national de la FNESR à l’Europe,
1
er vice-président de l’Union 
des élus socialistes européens,
maire de Coulaines (Sarthe)