Editorial, par Bernard Cazeneuve

  Moderniser sans détruire

La campagne législative est pour moi l’occasion d’apporter tout mon soutien aux candidates et aux candidats du parti socialiste.

Je le fais car je n’entends pas laisser seuls, dans le combat qu’ils mènent, nos candidats qui ont au cœur les valeurs de justice sociale, de respect, de solidarité. Je le fais car la réussite du quinquennat qui s’ouvre, suppose une gauche forte à l’Assemblée Nationale. Je le fais car nous ne pouvons pas laisser remettre en cause ce que nous avons construit ces dernières années et que la droite voudrait détruire.

D’abord soyons fier-e-s du bilan de François Hollande. Pendant ces cinq dernières années, nous avons eu à cœur de protéger nos concitoyens et de contribuer au redressement du pays.

Ce que nous avons fait avec François Hollande pour donner de nouveaux moyens à l’école, aux forces de sécurité, pour conforter nos services publics, notamment en milieu rural, pour réorienter l’Europe vers davantage de croissance avec le plan Juncker, pour redresser nos comptes ou les marges de nos entreprises doit être revendiqué. Ce bilan est un socle auquel nous adosser pour poursuivre la modernisation du pays dans la justice sociale.

Le clivage droite-gauche n’a par ailleurs pas disparu.

Le nouveau gouvernement fait la part belle à la droite, qui occupe désormais Matignon et Bercy. La droite n’a renoncé à aucun de ses projets, notamment concernant la fermeture des services publics ou la suppression de postes de fonctionnaires. Le nouveau gouvernement inclut par exemple la fonction publique et la sécurité sociale dans le ministère du budget, c’est un signal ! La réforme du code du travail ne peut pas se faire sans les syndicats réformistes sauf à prendre le risque de tuer l’idée même de réforme.

L’augmentation de la CSG ne peut pas pénaliser les retraités les plus modestes pour conforter le pouvoir d’achat des salariés les plus aisés.

La gauche populiste de Mélenchon dit non à tout et s’engage dans une fuite en avant qui la condamne à de graves fautes politiques et morales, à l’instar de son refus de prendre parti au second tour de l’élection présidentielle et des calomnies dont je suis l’objet. La République en Marche ne peut pas être un parti unique dans lequel tout le monde viendrait se fondre en niant d’où il vient.

La gauche de gouvernement est donc la seule force politique stable et fiable, qui présente la garantie que le quinquennat pourra moderniser sans détruire.

Voter socialiste, c’est donc garantir la réussite du quinquennat en plaçant partout des sentinelles de la justice sociale et de la modernisation du pays.

Bernard Cazeneuve,
ancien Premier Ministre