Editorial, par Benoît Hamon

Ensemble faisons battre le cœur de la France

Durant cette campagne j’ai sillonné notre pays à la rencontre des Français. Ce contact avec les Français a renforcé chez moi une conviction profonde : la politique est malade parce qu’elle s’écoute trop parler. À chaque étape, j’ai en effet eu la chance de rencontrer des élus engagés et mobilisés. Loin du « qu’ils dégagent tous » qu’on entend trop souvent, j’ai vu des élus appréciés et estimés des leurs. Je sais à quoi vous servez. Nos concitoyens savent qui vous servez : celles et ceux qui sont vos administrés, mais aussi vos voisins, vos amis, vos opposants… en un mot l’intérêt général pour lequel vous donnez le meilleur de vous-même. Les collectivités ne sont pas des « boulets aux pieds de notre pays », qu’il faudrait purger par un énième plan social décidé, encore une fois d’en haut.

La réalité, c’est que les élus locaux sont engagés partout, chaque jour, dans la résolution de problèmes très concrets. Ils affrontent déjà au quotidien les grandes transitions qui font basculer notre monde et que j’ai mis au centre de mon projet : le vieillissement de la population, l’évolution du travail et la numérisation de notre économie, la transition écologique, l’animation de la démocratie de proximité.

Quand les collectivités se mettent en mouvement, réinventent leur manière de fonctionner, je veux que l’État soit au rendez-vous. Vous connaissez la valeur du service public. Le service public est notre bien commun, l’expression de nos choix démocratiques, un outil irremplaçable pour maîtriser notre destin. Chaque citoyen doit se retrouver en lui et se sentir considéré : l’intérêt général et la justice réunissent, les lobbies et l’arbitraire séparent. Soyons clairs : quand le service public faiblit, la France recule, la République perd du terrain.

Pour que la République reste ce “grand acte de confiance” dont parlait Jaurès, je veux que nous retrouvions une authentique politique d’aménagement du territoire.

Cela implique une action volontariste de l’État, une vigilance quant à la localisation des activités économiques, un souci permanent d’encouragement de l’investissement public local, dont nos PME ont tant besoin par ailleurs. Il n’y a pas d’égalité réelle sans l’action de collectivités fortes. Sans péréquation, il n’y a pas d’égalité possible entre les communes, et sans égalité, il n’y aura pas de cohérence dans notre organisation territoriale. Je veux une pause dans les réformes institutionnelles. Certains des candidats à cette élection veulent continuer à baisser les dotations aux collectivités, laisser plus à ceux qui ont déjà plus, livrer les territoires à la concurrence. Je m’y refuse.

Voilà pourquoi aussi je m’engage à garantir un accès universel aux services publics essentiels à moins de 30 minutes ; je m’engage à coordonner l’action des services publics dans des territoires d’action publique prioritaire, là où sont les besoins. L’animation commerciale des cœurs de nos villes, des centres de nos villages, des places de nos quartiers mérite également des moyens que je propose de concentrer et de renforcer.

Je pourrai multiplier les exemples en matière de santé, de numérique, d’éducation… mais je veux que vous reteniez l’essentiel, parce que nous le partageons : cette fidélité à une histoire qui lie la gauche au dynamisme d’une démocratie territoriale bien vivante. Elle ne peut pas s’arrêter. Notre modèle social est fort de sa proximité avec les Françaises et les Français. Ensemble, dès le 23 avril, continuons avec détermination d’écrire son histoire au futur.

Benoît Hamon