Dijon en a fini avec ses emprunts toxiques

La ville de Dijon a mis un terme définitif à ses trois emprunts toxiques. Pour sortir de ces emprunts qui représentaient un encours total de 35,6 millions d’euros, deux souscrits auprès de la Sfil et le troisième auprès du Crédit foncier, la Ville bénéficie de l’appui du fonds du soutien créé par l’État, pour un montant total de près de 20 millions d’euros. Le réaménagement de ces prêts s’est fait sur la base de taux fixes similaires à ceux qui auraient été proposés à l’époque. Cette opération de désensibilisation nécessite par ailleurs l’engagement de deux nouveaux emprunts, pour un total de 7,62 millions d’euros, à des taux très compétitifs (inférieurs à 1 %).

Le 23 mai et le 6 juin, les conseillers municipaux de Dijon avaient voté en faveur d’une sortie de ces emprunts signés dans les années 2000 à des taux extrêmement faibles, mais variables en fonction de l’évolution des taux de change entre l’euro et le franc suisse ou entre le dollar et le yen. Grâce à ces taux avantageux, la Ville a “gagné” près de 5 millions d’euros ces dernières années. Pour autant, la Ville ne voulait pas s’exposer aux risques qui pèseront à partir de 2018 sur ces types d’emprunts – risques d’autant plus importants que la sortie du Royaume-Uni de l’UE accentue le risque de volatilité sur les marchés de change. Dans un contexte qui lui a permis d’obtenir des conditions de sortie satisfaisantes tout en abandonnant une voie contentieuse à l’issue incertaine, elle a souhaité bénéficier de l’appui du fonds de soutien de l’État qui, à la mi-mai, avait déjà adressé des propositions pour aider 676 collectivités locales à sortir de plus de 1 100 prêts toxiques.

La stratégie financière de Dijon reste marquée par un objectif de désendettement : cette année, la Ville va encore réduire son encours de dette de l’ordre de 5 millions d’euros. L’encours de la dette a diminué de 27 % entre 2008 et 2015, passant de 235,7 à 173,3 millions d’euros, soit une dette par habitant inférieure à la moyenne des communes de même catégorie. La ville dont le maire est François Rebsamen est fière d’avoir agi pour sécuriser rapidement et dans de bonnes conditions sa situation financière, gage de sa capacité à proposer un service public de qualité à ses habitants et à investir pour le rayonnement et l’attractivité de Dijon.